31.12.03

Le weblog comme un théâtre [Weblog]
Alors que Mouche s'interroge sur l'influence des lecteurs sur les webloggers, une amie me faisait récemment remarquer qu'Hemisphair avait changé depuis ses débuts, qu'on n'y trouverait plus de remarques du style "je n'ai pas trouvé de confiture Bonne Maman au supermarché".
Effectivement, ce weblog a connu, au cours de ces six derniers mois, une évolution, qui est toutefois restée assez légère.

Quand j'ai lancé Hemisphair en juin dernier, j'avais en tête l'échec plus ou moins patent de mon précédent weblog. De décembre 2001 à novembre 2002, je m'étais avéré incapable d'insuffler une véritable âme au site sur lequel je publiais des billets. J'avais des idées, mais je n'osais pas les mettre en pratique.
Je m'étais retrouvé avec un media très puissant dans les mains sans arriver à me dépatouiller avec.

Je n'ai pas débuté Hemisphair sur un coup de tête ; je savais globalement ce que je souhaitais faire. Le retour de la part des lecteurs me donne des indications sur la manière dont ma démarche est perçue ; néanmoins, cela ne constitue pas la ligne directrice de ce weblog.
Hemisphair est avant tout un joyeux patchwork de billets, sur des sujets qui peuvent aller de la crise au Proche-Orient au temps qu'il fait à Nantes.
Au moment de publier (et même avant d'écrire) un texte, je me pose deux principales questions :
1- Est-ce que j'estime ce sujet vraiment intéressant ? Est-ce que j'ai véritablement quelque chose à dire dessus ? Aurait-il été l'objet d'une annotation dans un de mes carnets si je n'avais pas eu ce weblog ?
2- Est-ce que j'accepte l'idée que quiconque - ami, ennemi, vague connaissance, inconnu - le lise, l'interprète, l'intégre dans la perception qu'il a de moi ?


Je dois toutefois concéder avoir ressenti une pointe d'inquiétude quand, en novembre dernier, je me suis rendu compte que, certains jours, plus de 200 personnes parcouraient ces pages. Bien sûr, il est extrêmement valorisant de se savoir lu. Pourtant, ce peut aussi être angoissant de savoir que tant de personnes se penchent sur votre prose, surtout lorsqu'elle se prête à quelques expérimentations.
J'ai déjà publié des articles sur des sites à la fréquentation plus de dix fois supérieure à celle de ce weblog, et cela ne m'a jamais gêné. Car ces textes prennent place dans un cadre plus "strict", plus "conventionnel" que sur Hemisphair. Les billets laissés ici constituent parfois des prises de risque (certes contrôlées).
Alors, en sentant plus de lecteurs dans mon dos, j'ai craint un instant de perdre en spontanéité, en sincérité. Pour le moment, j'ai réussi à mettre de côté le "poids" de ce lectorat. Mais je ne suis pas sûr d'être pressé de voir mon nombre de visiteurs à nouveau multiplié par deux.

J'ai ouvert ce weblog avec le souhait (plus ou moins secret) qu'il soit lu par mes principales connaissances. Je souhaitais me faire plaisir en abordant des sujets qui me tenaient à coeur ; et j'espérais aussi que chacun puisse y trouver un intérêt.
A cette époque, dans le théâtre qu'est mon weblog, je voyais très bien les personnes aux premiers rangs. Des visages qui m'étaient familiers. Puis, au fur et à mesure, d'autres curieux sont entrés, pour mon plus grand plaisir (il est plus valorisant de faire salle comble que de se retrouver devant des sièges désespérement vides). Je les vois moins bien. Je sens leur présence. J'ai le trac, mais cela ne doit pas m'empêcher de suivre mes envies du moment et de faire mon "spectacle" du mieux que je le peux.

PS : récemment, je m'interrogeais sur la manière dont on doit considérer son weblog : comme un espace privé ou un lieu public ?
Il se trouve que, la semaine dernière, mon père est tombé sur mon weblog, prouvant une fois de plus que l'anonymat est vraiment une notion amenée à disparaître sur Internet (d'ailleurs, Papa, si tu lis ces lignes, n'oublie pas que tu dois recommencer ton régime le 2 janvier !).

Fatal error: Call to a member function on a non-object in /homez.50/hemispha/www/skins/_feedback.php on line 52