12.12.03
Disney : la crise ? [Animation]
Après la crise dans les années 80, la renaissance dans les années 90 (avec des films comme La Belle et la Bête, Aladdin et Le Roi Lion), la compagnie Disney sombrera-t-elle de nouveau ?
Début décembre, Roy Disney, le neveu de Walt, a démissionné de ses postes de vice-président de Disney et de Responsable du Département d’Animation. Il a été suivi par Stanley Gold, un de ses principaux alliés au sein du comité directeur de l'entreprise.
Pourquoi une telle décision ? Voilà maintenant des années que Roy Disney et Stanley Gold essaient de se débarasser de l'homme qui est à la tête de la compagnie depuis bientôt 20 ans, Michael Eisner. Récemment, ils avaient tenté de convaincre M. Eisner de se retirer lors de cette date anniversaire ; un plan qui a échoué, et Roy Disney a préféré quitter son poste de lui-même plutôt que d'y être forcé sachant que l'âge de la retraite n'allait plus tarder pour lui.
Roy Disney a avancé sept raisons pour lesquelles Michael Eisner aurait du abandonner ses fonctions. Certains arguments sont particulièrement pertinents.
Ainsi Roy Disney explique que Michael Eisner a été incapable de stopper les pertes d'argent engendrées par le groupe de télévision ABC dont Disney est responsable.
Plus grave encore, Roy Disney reproche à M. Eisner de ne pas avoir su établir une relation constructive avec Pixar. C'est d'ailleurs là l'un des points cruciaux pour l'avenir de Michael Eisner à la tête de Disney.
Revenons à ce propos très rapidement sur le partenariat entre Pixar et Disney.
Tout commence en 1985 quand la branche informatique de Lucas Film (alors déficitaire) est racheté par Steve Jobs, le co-fondateur d'Apple. C'est alors que débute véritablement l'histoire de Pixar. En 1991, Disney propose au studio la co-production d'un long-métrage : Toy Story.
C'est un succès et Steve Jobs négocie alors un nouveau contrat : Disney s'engage alors à co-produire, à hauteur de 50%, les cinq prochains films de Pixar (les suites comme Toy Story 2 étaient exclues du-dit contrat) et à en assurer la distribution, Pixar touchant alors 50% des bénéfices après une partie d'amortissement des frais de distribution (contre 15% seulement pour le premier Toy Story).
Or ce contrat arrive à échéance puisque les cinq films en question auront bientôt tous été terminés : 1001 Pattes (1998), Monstres et Compagnie (2001), Le Monde de Nemo (2003), The Incredibles (prévu pour 2004) et Cars (2005).
Le temps d'une renégociation est donc arrivé, et Pixar a toutes les bonnes cartes en main pour imposer ses conditions :
- Toy Story, 1001 Pattes, Toy Story 2, Monstres et Compagnie font partie des huit longs-métrages américains d’animation qui ont rapporté le plus d’argent ;
- Le Monde de Némo détient le record au box-office américain 2003 et sa mise en vente en DVD aux Etats-Unis est déjà un franc succès ;
- ces dernières années, Disney a été incapable de réaliser un film d'animation dont le succès soit équivalent aux oeuvres de Pixar.
Au moment d'aborder ces discussions, Steve Jobs est dans une position extrêmement favorable ; ce qu'il exige désormais, c'est un contrat qui offrirait à Pixar 100% des recettes en salles.
Si la compagnie Disney veut garder Pixar dans son giron, elle devra faire des concessions. Si elle s'y refusait, Steve Jobs irait voir ailleurs, tout courtisé qu'il est par Warner Bros et Sony Entertainment. Mais une telle issue ouvrirait à coup sûr une nouvelle et longue période de crise au sein de Disney.
Pire encore, le risque qu'encourt Michael Eisner est celui d'une OPA hostile sur Disney, devenue vulnérable. Les plus sérieux prétendants à l'acquisition de Disney sont Comcast, Yahoo et InterActiveCorp.
Entre les renégociations avec Pixar et le risque d'une OPA, l'année 2004 sera déterminante pour Disney.
Sources :
- The Economist du 24 juillet 2003 et du 6 décembre 2003
- Le dessin animé, un trésor disputé sur Challenges.fr
Début décembre, Roy Disney, le neveu de Walt, a démissionné de ses postes de vice-président de Disney et de Responsable du Département d’Animation. Il a été suivi par Stanley Gold, un de ses principaux alliés au sein du comité directeur de l'entreprise.
Pourquoi une telle décision ? Voilà maintenant des années que Roy Disney et Stanley Gold essaient de se débarasser de l'homme qui est à la tête de la compagnie depuis bientôt 20 ans, Michael Eisner. Récemment, ils avaient tenté de convaincre M. Eisner de se retirer lors de cette date anniversaire ; un plan qui a échoué, et Roy Disney a préféré quitter son poste de lui-même plutôt que d'y être forcé sachant que l'âge de la retraite n'allait plus tarder pour lui.
Roy Disney a avancé sept raisons pour lesquelles Michael Eisner aurait du abandonner ses fonctions. Certains arguments sont particulièrement pertinents.
Ainsi Roy Disney explique que Michael Eisner a été incapable de stopper les pertes d'argent engendrées par le groupe de télévision ABC dont Disney est responsable.
Plus grave encore, Roy Disney reproche à M. Eisner de ne pas avoir su établir une relation constructive avec Pixar. C'est d'ailleurs là l'un des points cruciaux pour l'avenir de Michael Eisner à la tête de Disney.
Revenons à ce propos très rapidement sur le partenariat entre Pixar et Disney.
Tout commence en 1985 quand la branche informatique de Lucas Film (alors déficitaire) est racheté par Steve Jobs, le co-fondateur d'Apple. C'est alors que débute véritablement l'histoire de Pixar. En 1991, Disney propose au studio la co-production d'un long-métrage : Toy Story.
C'est un succès et Steve Jobs négocie alors un nouveau contrat : Disney s'engage alors à co-produire, à hauteur de 50%, les cinq prochains films de Pixar (les suites comme Toy Story 2 étaient exclues du-dit contrat) et à en assurer la distribution, Pixar touchant alors 50% des bénéfices après une partie d'amortissement des frais de distribution (contre 15% seulement pour le premier Toy Story).
Or ce contrat arrive à échéance puisque les cinq films en question auront bientôt tous été terminés : 1001 Pattes (1998), Monstres et Compagnie (2001), Le Monde de Nemo (2003), The Incredibles (prévu pour 2004) et Cars (2005).
Le temps d'une renégociation est donc arrivé, et Pixar a toutes les bonnes cartes en main pour imposer ses conditions :
- Toy Story, 1001 Pattes, Toy Story 2, Monstres et Compagnie font partie des huit longs-métrages américains d’animation qui ont rapporté le plus d’argent ;
- Le Monde de Némo détient le record au box-office américain 2003 et sa mise en vente en DVD aux Etats-Unis est déjà un franc succès ;
- ces dernières années, Disney a été incapable de réaliser un film d'animation dont le succès soit équivalent aux oeuvres de Pixar.
Au moment d'aborder ces discussions, Steve Jobs est dans une position extrêmement favorable ; ce qu'il exige désormais, c'est un contrat qui offrirait à Pixar 100% des recettes en salles.
Si la compagnie Disney veut garder Pixar dans son giron, elle devra faire des concessions. Si elle s'y refusait, Steve Jobs irait voir ailleurs, tout courtisé qu'il est par Warner Bros et Sony Entertainment. Mais une telle issue ouvrirait à coup sûr une nouvelle et longue période de crise au sein de Disney.
Pire encore, le risque qu'encourt Michael Eisner est celui d'une OPA hostile sur Disney, devenue vulnérable. Les plus sérieux prétendants à l'acquisition de Disney sont Comcast, Yahoo et InterActiveCorp.
Entre les renégociations avec Pixar et le risque d'une OPA, l'année 2004 sera déterminante pour Disney.
Sources :
- The Economist du 24 juillet 2003 et du 6 décembre 2003
- Le dessin animé, un trésor disputé sur Challenges.fr
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