18.10.03
La recherche française maltraitée [Réflexif]
A lire dans Le Monde Informatique du 17 octobre 2003 : un outil très complet pour calculer le salaire moyen auquel les ingénieurs informaticiens pourraient prétendre en fonction de leur situation personnelle (expérience sur le marché du travail, niveau d'études à l'entrée de l'école d'ingénieurs, "groupe" de l'école, taille de l'entreprise, sexe, etc.).
Cet outil a été mis en place par le Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France (Cnisf), en complément de son enquête sur "l'ingénieur dans sa société et sa rémunération".
Illustrons l'un des points intéressants de cette étude.
Projetons-nous un an dans le futur et imaginons que l'humble étudiant que je suis réussisse sa dernière année d'école d'ingénieurs et le DEA mené en parallèle. La possession du DEA me permettrait de toucher un salaire qui sera SUPERIEUR de 1,8% à celui d'un "simple" ingénieur.
Maintenant, imaginons que je poursuive en thèse et, qu'à l'issue de celle-ci, je décide d'intégrer une entreprise. "Grâce" à la ligne "Doctorat" présente sur mon CV, mon salaire sera alors INFERIEUR de 0,9% au salaire de référence d'un "simple" ingénieur.
Autrement dit : après avoir fait une thèse (Bac+8 quand même), un ingénieur est moins bien payé qu'un ingénieur qui s'est arrêté au DEA, voire qui s'est abstenu d'obtenir tout diplôme supplémentaire.
Ajoutez à cela le fait que la rémunération des doctorants français est tout juste supérieure au SMIC (comme le rappelle be-rewt), tandis que les ingénieurs débutants peuvent prétendre à un salaire de 30 000-32 000 € par an.
Dans ces conditions, quel est l'intérêt d'un jeune ingénieur diplômé : aller en thèse ou rentrer dans la vie active ? La réponse paraît évidente.
On manque de docteurs ; c'est l'une des conclusions d'un rapport dévoilé par le Haut conseil de l'évaluation de l'école cette semaine (texte pas encore en ligne).
Pourtant, aussi longtemps qu'il ne fera pas l'objet d'une revalorisation, tant sur le plan financier que sur celui du mérite, le doctorat ne saurait être véritablement attractif.
Cet outil a été mis en place par le Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France (Cnisf), en complément de son enquête sur "l'ingénieur dans sa société et sa rémunération".
Illustrons l'un des points intéressants de cette étude.
Projetons-nous un an dans le futur et imaginons que l'humble étudiant que je suis réussisse sa dernière année d'école d'ingénieurs et le DEA mené en parallèle. La possession du DEA me permettrait de toucher un salaire qui sera SUPERIEUR de 1,8% à celui d'un "simple" ingénieur.
Maintenant, imaginons que je poursuive en thèse et, qu'à l'issue de celle-ci, je décide d'intégrer une entreprise. "Grâce" à la ligne "Doctorat" présente sur mon CV, mon salaire sera alors INFERIEUR de 0,9% au salaire de référence d'un "simple" ingénieur.
Autrement dit : après avoir fait une thèse (Bac+8 quand même), un ingénieur est moins bien payé qu'un ingénieur qui s'est arrêté au DEA, voire qui s'est abstenu d'obtenir tout diplôme supplémentaire.
Ajoutez à cela le fait que la rémunération des doctorants français est tout juste supérieure au SMIC (comme le rappelle be-rewt), tandis que les ingénieurs débutants peuvent prétendre à un salaire de 30 000-32 000 € par an.
Dans ces conditions, quel est l'intérêt d'un jeune ingénieur diplômé : aller en thèse ou rentrer dans la vie active ? La réponse paraît évidente.
On manque de docteurs ; c'est l'une des conclusions d'un rapport dévoilé par le Haut conseil de l'évaluation de l'école cette semaine (texte pas encore en ligne).
Pourtant, aussi longtemps qu'il ne fera pas l'objet d'une revalorisation, tant sur le plan financier que sur celui du mérite, le doctorat ne saurait être véritablement attractif.
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