30.12.04
Pour mémoire, concernant les effets d'annonce [Actualité]
Edito du Monde daté du jeudi 30 décembre 2004 :
Cette mobilisation, réconfortante, pose deux problèmes.
Le premier est celui du lien entre les promesses et les actes. Il ne fait guère de doute que les groupes associatifs ou caritatifs tiendront leurs engagements. L'expérience prouve qu'il en va autrement des gouvernements et des organisations internationales. Sur le milliard de dollars (730 millions d'euros) promis à l'Iran pour reconstruire la ville de Bam, après le tremblement de terre de décembre 2003, 17 millions de dollars, seulement, ont été fournis, un an après. Il faut se méfier des effets d'annonce, recherchés ou imposés, sous le choc de l'événement, et qui restent sans suite.
29.12.04
Des conflits d'intéret [Recherche]
Le Monde consacre un article aux difficultés que rencontrent les docteurs pour intégrer le marché du travail.
On y lit des propos représentatifs de l'incompréhension entre privé et public :
A noter que la publication de cet article a été suivi, sur la liste de diffusion HotDocs, d'un débat sur la "légitimité" des docteurs-ingénieurs par rapport aux docteurs ayant suivi un parcours purement universitaire. Certaines personnes abonnées sur la liste expliquent ainsi ne pas remettre "en cause les passerelles qui permettent à un ingénieur de faire une thèse, mais le phénomène a atteint une ampleur qui nuit grandement à l'emploi des docteurs "universitaires"". On y apprend aussi qu'en informatique, aux concours de CR2 (CNRS et INRIA) ces quatre dernières années, la proportion de docteurs "purement" universitaire recrutés serait nulle (sous réserve - je n'ai pas réussi à trouver de confirmation de cette information).
Un problème qui, s'il ne me concerne pas directement, n'en est pas moins préoccupant : il n'y a rien à gagner à voir se détériorer les relations entre docteurs "universitaires" et docteurs-ingénieurs. Surtout en cette période où la recherche publique vit une sévère remise en question.
On y lit des propos représentatifs de l'incompréhension entre privé et public :
Denis Ranque, PDG du groupe Thalès, donne la mesure du gouffre qui, en France, sépare les recherches publique et privée. "Pour être volontairement provocant, déclare-t-il, on peut dire que, face à un jeune docteur, un chef de service moyen de Thalès se pose la question de savoir s'il n'a pas été trop "pollué" par le système de la recherche publique."
A noter que la publication de cet article a été suivi, sur la liste de diffusion HotDocs, d'un débat sur la "légitimité" des docteurs-ingénieurs par rapport aux docteurs ayant suivi un parcours purement universitaire. Certaines personnes abonnées sur la liste expliquent ainsi ne pas remettre "en cause les passerelles qui permettent à un ingénieur de faire une thèse, mais le phénomène a atteint une ampleur qui nuit grandement à l'emploi des docteurs "universitaires"". On y apprend aussi qu'en informatique, aux concours de CR2 (CNRS et INRIA) ces quatre dernières années, la proportion de docteurs "purement" universitaire recrutés serait nulle (sous réserve - je n'ai pas réussi à trouver de confirmation de cette information).
Un problème qui, s'il ne me concerne pas directement, n'en est pas moins préoccupant : il n'y a rien à gagner à voir se détériorer les relations entre docteurs "universitaires" et docteurs-ingénieurs. Surtout en cette période où la recherche publique vit une sévère remise en question.
27.12.04
La recherche, c'est quoi ? [Thèse]
Les gens écarquillent souvent les yeux quand je leur dis que je fais de la recherche. Soit ils ne comprennent pas qu'il y ait des recherches à mener en informatique (sic), soit ils ont en tête l'image d'Epinal du scientifique en blouse blanche avec ses tubes à essai. Essayons donc de lever un peu le voile.
L'activité de recherche se compose généralement de trois activités indissociables :
- les études bibliographiques : la hantise de tout doctorant, c'est de voir, le jour de la soutenance de thèse, un membre du jury annoncer qu'un autre avait déjà obtenu les mêmes résultats trente ans auparavant. Pour éviter que ce cauchemar ne devienne réalité, il est indispensable de prendre connaissance des résultats auxquels sont parvenus les chercheurs ayant étudié le domaine auparavant. Pour ce faire, différentes possibilités : les livres, les conférences/écoles d'été qui se déroulent régulièrement à travers le monde et les articles publiés dans des revues scientifiques spécialisées. Internet simplifie considérablement la tâche. Grâce à des moteurs de recherche spécialisés tel que Citeseer, il est aisé de trouver des publications sur des thèmes pointus. Il convient enfin de faire la synthèse des informations recueillies.
- les recherches personnelles à proprement parler : là, il faut faire preuve d'imagination, savoir établir des passerelles entre des domaines connexes, développer de nouveaux formalismes, de nouvelles modélisations, de nouvelles expériences. Prendre un crayon et faire marcher la matière grise. Mais rien n'assure, a priori, que nous parviendrons à des résultats intéressants. La recherche est faite d'incertitudes, il faut l'accepter. C'est l'une des principales difficultés de ce métier, j'y reviendrai certainement dans les prochains mois.
- la transmission des résultats auxquels nos recherches nous ont conduit. Chercher dans son coin, c'est bien ; faire connaître ses (éventuels) résultats au monde, c'est mieux. Pour ce faire, il faut publier dans des revues (et/ou dans les actes de conférences), présenter ses travaux dans des conférences ou au cours de séminaires. Pour qu'un article soit accepté, il doit passer entre les mains de reviewers qui donnent, ou non, leur aval (comprendre aussi leur caution scientifique) à la publication/présentation en conférence. La publication est une activité critique car elle constitue une validation du travail effectué : ainsi un maître de conférences est considéré comme actif au regard des critères du CNRS s'il a publié deux fois en revue au cours des quatre dernières années. De même, pour être autorisé à soutenir son doctorat, un thésard doit avoir publié en conférence ou en revue. Bien évidemment plus une conférence/revue est renommée, plus la sélectivité "à l'entrée" est élevée.
L'activité de recherche se compose généralement de trois activités indissociables :
- les études bibliographiques : la hantise de tout doctorant, c'est de voir, le jour de la soutenance de thèse, un membre du jury annoncer qu'un autre avait déjà obtenu les mêmes résultats trente ans auparavant. Pour éviter que ce cauchemar ne devienne réalité, il est indispensable de prendre connaissance des résultats auxquels sont parvenus les chercheurs ayant étudié le domaine auparavant. Pour ce faire, différentes possibilités : les livres, les conférences/écoles d'été qui se déroulent régulièrement à travers le monde et les articles publiés dans des revues scientifiques spécialisées. Internet simplifie considérablement la tâche. Grâce à des moteurs de recherche spécialisés tel que Citeseer, il est aisé de trouver des publications sur des thèmes pointus. Il convient enfin de faire la synthèse des informations recueillies.
- les recherches personnelles à proprement parler : là, il faut faire preuve d'imagination, savoir établir des passerelles entre des domaines connexes, développer de nouveaux formalismes, de nouvelles modélisations, de nouvelles expériences. Prendre un crayon et faire marcher la matière grise. Mais rien n'assure, a priori, que nous parviendrons à des résultats intéressants. La recherche est faite d'incertitudes, il faut l'accepter. C'est l'une des principales difficultés de ce métier, j'y reviendrai certainement dans les prochains mois.
- la transmission des résultats auxquels nos recherches nous ont conduit. Chercher dans son coin, c'est bien ; faire connaître ses (éventuels) résultats au monde, c'est mieux. Pour ce faire, il faut publier dans des revues (et/ou dans les actes de conférences), présenter ses travaux dans des conférences ou au cours de séminaires. Pour qu'un article soit accepté, il doit passer entre les mains de reviewers qui donnent, ou non, leur aval (comprendre aussi leur caution scientifique) à la publication/présentation en conférence. La publication est une activité critique car elle constitue une validation du travail effectué : ainsi un maître de conférences est considéré comme actif au regard des critères du CNRS s'il a publié deux fois en revue au cours des quatre dernières années. De même, pour être autorisé à soutenir son doctorat, un thésard doit avoir publié en conférence ou en revue. Bien évidemment plus une conférence/revue est renommée, plus la sélectivité "à l'entrée" est élevée.
26.12.04
Un mac dans Paranoia Agent [Apple/Mac]
Image tirée du premier épisode de Paranoia Agent, une série TV réalisée par Satoshi Kon (réalisateur, entre autres, des excellents Perfect Blue, Millenium Actress et Tôkyô Godfathers) :


Les absents [Réflexif]
C'est bien souvent au moment des fêtes que les absences se révèlent les plus terribles. Les absents, ce sont ces gens qui se sont éclipsés du présent, que nous ne voulons plus nommer, que nous ne pouvons plus nommer de peur de gêner, de froisser, de peiner. La réaction de nos interlocuteurs étant imprévisible, ces noms sont devenus "tabous". Alors nous faisons attention à ce que nous disons. Nous prenons soin de ne pas faire de référence à ces personnes, aux moments partagés avec elles. Ne surtout pas mettre les pieds dans le plat. Eviter toute sensation de malaise.
Pourtant, n'y a-t-il rien de plus terrible qu'effacer la vie de gens en faisant comme s'ils n'avaient pas existé ?
D'ailleurs, qui sait, peut-être que ce sera nous qui, demain, aurons disparu de la vie des personnes avec lesquelles nous sommes aujourd'hui.
Pourtant, n'y a-t-il rien de plus terrible qu'effacer la vie de gens en faisant comme s'ils n'avaient pas existé ?
D'ailleurs, qui sait, peut-être que ce sera nous qui, demain, aurons disparu de la vie des personnes avec lesquelles nous sommes aujourd'hui.
Retour vers le passé [Musique]
Meilleure vente de disques en 2002 : Entre Deux, de Patrick Bruel, album de reprises de vieux classiques de l'entre-deux guerres.
Probable meilleure vente de disques en 2004 : bande-originale des Choristes, un film de Christophe Barratier se situant dans un pensionnat en 1949 (CD déjà vendu à plus d'un million d'exemplaires).
Probable meilleure vente de disques en 2004 : bande-originale des Choristes, un film de Christophe Barratier se situant dans un pensionnat en 1949 (CD déjà vendu à plus d'un million d'exemplaires).
25.12.04
Des problèmes de débouchés dans le secteur public à l'issue du doctorat [Recherche]
Le rapport général 2003 de l'Inspection Générale de l'Education Nationale et de la Recherche n'est pas des plus réjouissants. Concernant l'enseignement supérieur, on y apprend que :
- "un jeune docteur, intéressé par une carrière dans l'enseignement supérieur, a, globalement, près de 12% de chances d'accéder à la maîtrise de conférences."
- "Comme pour les professeurs, bien que de façon moins évidente, l'accès à la maîtrise de conférence est plus difficile dans les sciences dures."
- "Les rendements dans les systèmes de recrutement et de qualification sont à la fois faibles et fortement inégalitaires au détriment des sciences dures. Les carrières qui sont proposées aux jeunes docteurs sont extrêmement sélectives : moins de deux pour cent des docteurs candidats à l’enseignement supérieur ont une chance d’accéder au professorat."
- "un jeune docteur, intéressé par une carrière dans l'enseignement supérieur, a, globalement, près de 12% de chances d'accéder à la maîtrise de conférences."
- "Comme pour les professeurs, bien que de façon moins évidente, l'accès à la maîtrise de conférence est plus difficile dans les sciences dures."
- "Les rendements dans les systèmes de recrutement et de qualification sont à la fois faibles et fortement inégalitaires au détriment des sciences dures. Les carrières qui sont proposées aux jeunes docteurs sont extrêmement sélectives : moins de deux pour cent des docteurs candidats à l’enseignement supérieur ont une chance d’accéder au professorat."
24.12.04
Retour sur les lieux du crime [3615 It\'s My Life]
Samedi, alors que je faisais les courses de Noël, j'ai croisé mon prof de physique de maths spé.
Gamin, j'imaginais tout un tas de choses sur le jour où j'aurai un vrai métier. J'aurais volontiers cru que j'allais grandir de quelques centimètres le jour où je serais véritablement devenu capable d'exercer une profession. Illusion que la prépa a contribuer à entretenir tant on imagine, pendant cette période, que les écoles constituent une annexe du paradis (toute comparaison avec certains dogmes religieux vous promettant le bonheur après la mort serait purement fortuite), un aboutissement. D'une certaine manière, c'en est bel et bien un puisque, pendant deux ou trois ans, on ne vit presque uniquement que pour intégrer une de ces fameuses grandes écoles dont le système éducatif français est si fier.
Les années ont passé. Je reviens périodiquement dans ma ville natale. Cet hiver, c'est la première fois que je reviens dans ma ville natale en n'étant plus un simple étudiant. Comprendre par là que, dans l'absolu, j'ai désormais un "métier".
En parcourant ces rues, je me replonge dans les illusions d'antan. "Illusions" car si j'ai changé, je le dois plus aux gens que j'ai croisés, aux expériences extra-scolaires auxquelles j'ai participé qu'à un parcours universitaire. Le diplôme certifie certaines capacités dans certains domaines bien restreints. Il est un droit d'entrée dans un système tendant au corporatisme (avec ses avantages - une sorte d'assurance sur l'avenir pour quiconque y appartient - et ses inconvénients - les réflexes corporatistes sont-ils raisonnables ?). Mais rien de plus. Il ne témoigne pas de l'esprit d'initiative, de l'ouverture aux autres, de la tolérance. Certains de mes amis admis à Centrale Lyon se sont vus conseiller par leurs professeurs de refaire une année de prépa afin de viser mieux. On leur a dit que Centrale Paris, SupOptique, voire l'X étaient à leur portée. Une année de plus dans un univers qui, s'il peut être motivant scientifiquement parlant, est culturellement asséchant : pour quelle valeur ajoutée au final ? La vraie vie, ce n'est pas la prépa.
Je suis convaincu qu'il n'y a finalement guère de différences entre le diplôme d'une école classée première, douzième ou cinquantième dans tel ou tel journal. Les enseignements ne sont pas si différents (à part, bien sûr, d'un point de vue thématique entre des écoles très spécialisées et d'autres beaucoup plus généralistes), la qualité des intervenants pas si hétérogène (je connais des maîtres de conférence qui ont choisi, pour des raisons de qualité de vie, d'être muté dans un établissement soi-disant "inférieur" par rapport à leur première affectation) qu'on voudrait nous le faire croire.
Le système mériterait une remise à plat. Une revalorisation de l'université, une adaptation de la filière prépa/écoles au système LMD, une réflexion sur la place que l'on souhaite accorder au corporatisme sur le marché du travail. Pas sûr que cela fasse partie des plans du Ministre de l'éducation, plus préoccupé par le taux de réussite au Bac que par les formations du Supérieur.
Samedi, alors que je faisais les courses de Noël, j'ai croisé mon prof de physique de maths spé et il ne m'a pas reconnu.
Gamin, j'imaginais tout un tas de choses sur le jour où j'aurai un vrai métier. J'aurais volontiers cru que j'allais grandir de quelques centimètres le jour où je serais véritablement devenu capable d'exercer une profession. Illusion que la prépa a contribuer à entretenir tant on imagine, pendant cette période, que les écoles constituent une annexe du paradis (toute comparaison avec certains dogmes religieux vous promettant le bonheur après la mort serait purement fortuite), un aboutissement. D'une certaine manière, c'en est bel et bien un puisque, pendant deux ou trois ans, on ne vit presque uniquement que pour intégrer une de ces fameuses grandes écoles dont le système éducatif français est si fier.
Les années ont passé. Je reviens périodiquement dans ma ville natale. Cet hiver, c'est la première fois que je reviens dans ma ville natale en n'étant plus un simple étudiant. Comprendre par là que, dans l'absolu, j'ai désormais un "métier".
En parcourant ces rues, je me replonge dans les illusions d'antan. "Illusions" car si j'ai changé, je le dois plus aux gens que j'ai croisés, aux expériences extra-scolaires auxquelles j'ai participé qu'à un parcours universitaire. Le diplôme certifie certaines capacités dans certains domaines bien restreints. Il est un droit d'entrée dans un système tendant au corporatisme (avec ses avantages - une sorte d'assurance sur l'avenir pour quiconque y appartient - et ses inconvénients - les réflexes corporatistes sont-ils raisonnables ?). Mais rien de plus. Il ne témoigne pas de l'esprit d'initiative, de l'ouverture aux autres, de la tolérance. Certains de mes amis admis à Centrale Lyon se sont vus conseiller par leurs professeurs de refaire une année de prépa afin de viser mieux. On leur a dit que Centrale Paris, SupOptique, voire l'X étaient à leur portée. Une année de plus dans un univers qui, s'il peut être motivant scientifiquement parlant, est culturellement asséchant : pour quelle valeur ajoutée au final ? La vraie vie, ce n'est pas la prépa.
Je suis convaincu qu'il n'y a finalement guère de différences entre le diplôme d'une école classée première, douzième ou cinquantième dans tel ou tel journal. Les enseignements ne sont pas si différents (à part, bien sûr, d'un point de vue thématique entre des écoles très spécialisées et d'autres beaucoup plus généralistes), la qualité des intervenants pas si hétérogène (je connais des maîtres de conférence qui ont choisi, pour des raisons de qualité de vie, d'être muté dans un établissement soi-disant "inférieur" par rapport à leur première affectation) qu'on voudrait nous le faire croire.
Le système mériterait une remise à plat. Une revalorisation de l'université, une adaptation de la filière prépa/écoles au système LMD, une réflexion sur la place que l'on souhaite accorder au corporatisme sur le marché du travail. Pas sûr que cela fasse partie des plans du Ministre de l'éducation, plus préoccupé par le taux de réussite au Bac que par les formations du Supérieur.
Samedi, alors que je faisais les courses de Noël, j'ai croisé mon prof de physique de maths spé et il ne m'a pas reconnu.
23.12.04
Le retour au weblog [Weblog]
Maintenir une certaine régularité dans la publication de ses billets est un des exercices les plus difficiles lorsqu'on tient un weblog.
Déjà, il faut avoir des idées. Je sais bien que certains n'auront aucun mal à écrire dans le vide, à aligner des phrases d'une vacuité sans nom (moi le premier, dans certains cas). Mais pour avoir envie d'écrire, il faut avoir quelque chose à faire partager. Et ce "quelque chose" n'est pas systématique. Je peux mener une vie trépidante, participer à des débats oraux passionnants, lire des tribunes sujettes à moults débats, je n'aurais pas pour autant matière à donner à mes lecteurs. A ce sujet, une courte parenthèse : je vais être honnête, quand je poste sur ce weblog, je ne le fais pas (plus ?) seulement pour moi. Les pensées qui ne s'adressent qu'à moi rejoignent un de mes nombreux carnets et sont susceptibles d'y rester aussi longtemps que je ne leur trouverai pas une "utilité" publique.
Je conçois l'écriture (au même titre que l'enseignement) comme un don. Au sens où l'auteur offre une partie de son cheminement personnel à autrui (il n'est pas sûr que ce soit toujours un cadeau - mais c'est là un autre sujet). Lorsqu'on écrit régulièrement comme je l'ai fait dans la première année d'Hemisphair, on sent poindre, au bout d'un temps, une certaine sécheresse (si ce n'est une sorte de lassitude). L'impression de ne plus avoir de "réserve", d'avoir vidé la bouteille qui contenait tous les sujets que l'on souhaitait aborder. Bien sûr, l'actualité se renouvelle en permanence. Mais on a la sensation de tourner en vase clôt : on se lit, on se relie. La Blogosphère est en perpétuelle expansion, mais fait-on véritablement l'effort d'aller explorer sa périphérie ?
Les weblogs vivent dans l'instantané, réagissent aux événements mondiaux en direct (les attentats de Madrid en mars dernier, la guerre en Irak, les élections présidentielles américaines, ...). Un billet posté hier n'a plus de valeur aujourd'hui et fera carrément rire demain. Plusieurs des "vieux" weblogs francophones figurant dans ma liste de lecture sont en marge de cette folle course contre le temps (à l'instar de IokanaaN, Manur et d'autres qui se reconnaîtront). Ils ne se focalisent pas sur l'actualité "immédiate" (au sens de "brûlante"). C'est certainement une des raisons de leur longévité (une longévité que j'admire étant donné que, pour ma part, j'ai déjà deux weblogs morts sur la conscience). Et de leur sagesse. Car il est impossible d'avoir une réflexion de qualité sur tous les sujets de société. Sur bien des thèmes, ma réflexion n'en est qu'à un stade embryonnaire ; difficile, en l'état, de la proposer aux lecteurs. Il convient alors de la laisser mûrir.
Voilà une des raisons qui m'ont poussé à ralentir la publication sur ce weblog. Le rapport d'un auteur à son weblog n'est pas statique. Il évolue au gré des expériences ; il n'est pas acquis que Laurent avait, dès le début, prévu de se dévoiler comme il le fait parfois, il n'est pas sûr que Bertrand pensait autant se prendre au jeu, il n'est pas certain que j'ai eu le désir initial de faire un weblog qui dure.
Les prochains mois devraient marquer, en ce qui me concerne, un retour au weblog. Avec quelques ajustements (un rythme à mi-chemin entre la publication effrénée des débuts et le relatif vide de ces derniers mois), mais toujours la même passion. Car le jour où je n'aurai plus d'enthousiasme à écrire ici, je m'arrêterai. Simplement.
Déjà, il faut avoir des idées. Je sais bien que certains n'auront aucun mal à écrire dans le vide, à aligner des phrases d'une vacuité sans nom (moi le premier, dans certains cas). Mais pour avoir envie d'écrire, il faut avoir quelque chose à faire partager. Et ce "quelque chose" n'est pas systématique. Je peux mener une vie trépidante, participer à des débats oraux passionnants, lire des tribunes sujettes à moults débats, je n'aurais pas pour autant matière à donner à mes lecteurs. A ce sujet, une courte parenthèse : je vais être honnête, quand je poste sur ce weblog, je ne le fais pas (plus ?) seulement pour moi. Les pensées qui ne s'adressent qu'à moi rejoignent un de mes nombreux carnets et sont susceptibles d'y rester aussi longtemps que je ne leur trouverai pas une "utilité" publique.
Je conçois l'écriture (au même titre que l'enseignement) comme un don. Au sens où l'auteur offre une partie de son cheminement personnel à autrui (il n'est pas sûr que ce soit toujours un cadeau - mais c'est là un autre sujet). Lorsqu'on écrit régulièrement comme je l'ai fait dans la première année d'Hemisphair, on sent poindre, au bout d'un temps, une certaine sécheresse (si ce n'est une sorte de lassitude). L'impression de ne plus avoir de "réserve", d'avoir vidé la bouteille qui contenait tous les sujets que l'on souhaitait aborder. Bien sûr, l'actualité se renouvelle en permanence. Mais on a la sensation de tourner en vase clôt : on se lit, on se relie. La Blogosphère est en perpétuelle expansion, mais fait-on véritablement l'effort d'aller explorer sa périphérie ?
Les weblogs vivent dans l'instantané, réagissent aux événements mondiaux en direct (les attentats de Madrid en mars dernier, la guerre en Irak, les élections présidentielles américaines, ...). Un billet posté hier n'a plus de valeur aujourd'hui et fera carrément rire demain. Plusieurs des "vieux" weblogs francophones figurant dans ma liste de lecture sont en marge de cette folle course contre le temps (à l'instar de IokanaaN, Manur et d'autres qui se reconnaîtront). Ils ne se focalisent pas sur l'actualité "immédiate" (au sens de "brûlante"). C'est certainement une des raisons de leur longévité (une longévité que j'admire étant donné que, pour ma part, j'ai déjà deux weblogs morts sur la conscience). Et de leur sagesse. Car il est impossible d'avoir une réflexion de qualité sur tous les sujets de société. Sur bien des thèmes, ma réflexion n'en est qu'à un stade embryonnaire ; difficile, en l'état, de la proposer aux lecteurs. Il convient alors de la laisser mûrir.
Voilà une des raisons qui m'ont poussé à ralentir la publication sur ce weblog. Le rapport d'un auteur à son weblog n'est pas statique. Il évolue au gré des expériences ; il n'est pas acquis que Laurent avait, dès le début, prévu de se dévoiler comme il le fait parfois, il n'est pas sûr que Bertrand pensait autant se prendre au jeu, il n'est pas certain que j'ai eu le désir initial de faire un weblog qui dure.
Les prochains mois devraient marquer, en ce qui me concerne, un retour au weblog. Avec quelques ajustements (un rythme à mi-chemin entre la publication effrénée des débuts et le relatif vide de ces derniers mois), mais toujours la même passion. Car le jour où je n'aurai plus d'enthousiasme à écrire ici, je m'arrêterai. Simplement.
Les weblogs dans Les Inrockuptibles [Weblog]
Les weblogs, décidément, c'est très fashion. Après Le Nouvel Observateur, Libé (qui avait par ailleurs retenu blog comme un des mots de l'année 2004 dans son édition du 14 décembre) et d'autres, ce sont Les Inrocks qui, cette semaine, reviennent sur le phénomène : interview, sur une page, d'Hélène Delaunay-Téterel, doctorante à l'EHESS.
11.12.04
La thèse, une communion d'esprit [Thèse]
Récemment, Saki revenait, de manière très juste, sur un aspect (caractérisque) du doctorat :
La préparation d'une thèse, ce n'est pas seulement le chemin (semé d'embûches) vers un diplôme supplémentaire. C'est beaucoup plus que cela : certaines convictions, un certain mode de vie, une certaine passion (pour l'occasion, le terme peut revêtir tout son sens étymologique), plein de points communs (et aussi de codes) basés sur des expériences qui, singulières soient-elles, se ressemblent furieusement. D'ailleurs, les thésards vont jusqu'à se bâtir une pop-culture à eux. Et c'est hilarant (en tout cas, pour le thésard que je suis).
"Je savais déjà qu'entre thésards, il existe une communion d'esprit qu'il est difficile d'expliquer au reste du monde. Une connexion. Un lien. On se reconnait dans la rue, quoi. On est membre de la même secte cruelle. On flignotte quand on se croise en congrès. On est irresistiblement attiré les uns vers les autres tels d'anciens combattants d'une guerre obscure et éternelle."
La préparation d'une thèse, ce n'est pas seulement le chemin (semé d'embûches) vers un diplôme supplémentaire. C'est beaucoup plus que cela : certaines convictions, un certain mode de vie, une certaine passion (pour l'occasion, le terme peut revêtir tout son sens étymologique), plein de points communs (et aussi de codes) basés sur des expériences qui, singulières soient-elles, se ressemblent furieusement. D'ailleurs, les thésards vont jusqu'à se bâtir une pop-culture à eux. Et c'est hilarant (en tout cas, pour le thésard que je suis).
09.12.04
Partage du temps de parole [Politique]
Certains me font remarquer en coulisses que ce weblog est parfois terriblement partial, orienté anti-néolibéralisme, sans vraiment donner la parole à mes adversaires. Pour y remédier et rétablir un certain équilibre, je consens à leur laisser un peu de place dans ce billet. Pour ce faire, quoi de mieux qu'une citation de Serge Dassault, patron de la Socpresse (propriétaire du Figaro), industriel de l’armement et sénateur UMP :
Qui a dit que le choix de cette citation était pernicieux ? Quelle drôle d'idée, je n'ai pas l'esprit aussi mal tourné !
"Les socialistes ont crée la décadence en France ... par leur système où il ne faut pas travailler, où il n'y a pas de discipline, où il faut laisser faire n'importe quoi. Il ne fait pas de punition, il faut se marier avec n'importe qui ... Enfin, c'est n'importe quoi !" (RTL le 29 novembre, via Les Inrocks)
Qui a dit que le choix de cette citation était pernicieux ? Quelle drôle d'idée, je n'ai pas l'esprit aussi mal tourné !
08.12.04
Autour de Lucie à la Bouche d'Air [Concerts]
A mon sens, en terme de chanson française, Autour de Lucie a signé l'un des plus intéressants albums de l'année. C'est donc avec un certain plaisir que je suis allé voir le groupe se produire à La Bouche d'Air.
La première partie était assurée par Oshen, un concentré de bonne humeur, une chanteuse avec une bien jolie voix. De quoi être mis dans l'ambiance.
Puis le plat de résistance : Valérie Leulliot et ses quatre musiciens ont entonné la quasi-totalité des chansons du dernier album, mais aussi des reprises de leurs anciens titres dans des versions réorchestrées (La Contradiction, Sur tes pas, etc.). Un concert peut-être un brin court (seulement 1h15 avant que ne commencent les rappels), mais qui rend honneur à leurs compositions, lumineuses et inspirées.
La première partie était assurée par Oshen, un concentré de bonne humeur, une chanteuse avec une bien jolie voix. De quoi être mis dans l'ambiance.
Puis le plat de résistance : Valérie Leulliot et ses quatre musiciens ont entonné la quasi-totalité des chansons du dernier album, mais aussi des reprises de leurs anciens titres dans des versions réorchestrées (La Contradiction, Sur tes pas, etc.). Un concert peut-être un brin court (seulement 1h15 avant que ne commencent les rappels), mais qui rend honneur à leurs compositions, lumineuses et inspirées.
05.12.04
Une simple histoire d'amour [Cinéma]
Un mois et vingt jours. C'est la durée pendant laquelle je ne suis pas allé au cinéma, trop pris par des occupations diverses (déménagement, articles à rédiger, recherches à avancer, cours à préparer). Et là, ce week-end, la joie simple de retourner dans les salles obscures. Le cinéma est décidément une partie de ma vie : je me souviens de ces mois d'été où je cumulais facilement plus d'une trentaine de films vus en l'espace de huit semaines (pas que pour des chefs d'oeuvres, malheureusement), de ces quelques festivals passés à enchaîner trois ou quatre séances par jour.
Holy Lola, joli film sur le difficile parcours de ceux qui souhaitent adopter un enfant étranger, sans complaisance (même s'il vire certainement à la caricature par moments). Avec un vrai beau couple de cinéma : Jacques Gamblin et Isabelle Carré.
Et puis Un Long Dimanche de Fiançailles, un ravissement, quoi que puissent en penser quelques-uns des lecteurs de ce weblog, adeptes du "Jeunet-bashing" (avec les justifications habituelles : les oeuvres de Jeunet seraient passéistes, rétrogrades, niaises, etc.). Jean-Pierre Jeunet a un talent certain pour l'image (la retranscription des tranchées, la galerie de personnages, les paysages) et le sens de la narration. Et puis je me reconnais forcément dans une personne qui déclare "j'ai un rapport à l'enfance évident et je ne veux surtout pas le perdre. Le jour où je le perds, je suis foutu, je le sais." (Jean-Pierre Jeunet dans CinéLive de novembre).
Holy Lola, joli film sur le difficile parcours de ceux qui souhaitent adopter un enfant étranger, sans complaisance (même s'il vire certainement à la caricature par moments). Avec un vrai beau couple de cinéma : Jacques Gamblin et Isabelle Carré.
Et puis Un Long Dimanche de Fiançailles, un ravissement, quoi que puissent en penser quelques-uns des lecteurs de ce weblog, adeptes du "Jeunet-bashing" (avec les justifications habituelles : les oeuvres de Jeunet seraient passéistes, rétrogrades, niaises, etc.). Jean-Pierre Jeunet a un talent certain pour l'image (la retranscription des tranchées, la galerie de personnages, les paysages) et le sens de la narration. Et puis je me reconnais forcément dans une personne qui déclare "j'ai un rapport à l'enfance évident et je ne veux surtout pas le perdre. Le jour où je le perds, je suis foutu, je le sais." (Jean-Pierre Jeunet dans CinéLive de novembre).
Au bon plaisir du téléspectateur [Télévision]
Lu dans Le Journal du Dimanche de ce jour :
Au moins, tout est clair : encore quelques petites chutes d'audience et les Miss défileront nues. Merveilleux monde que celui de la télévision ...
En cinq ans, l'audience a chuté de 4 millions de téléspectateurs. Il fallait réagir. C'est donc une élection Miss France rénovée qu'a proposée hier TF1. Mme de Fontenay portait toujours son chapeau, mais les concurrentes défilaient en robe de stylistes et, pour la première fois, en maillots de bain ajourés.
Au moins, tout est clair : encore quelques petites chutes d'audience et les Miss défileront nues. Merveilleux monde que celui de la télévision ...
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Les vignettes ci-dessus correspondent à mes coups de coeur du moment. Elles représentent :
- Nantes : la ville dans laquelle j'étudie depuis plus de deux ans. Un climat et un cadre des plus agréables.
- K's Choice : c'est au cours de mon séjour en Belgique que j'ai découvert ce groupe de pop-rock belge. K's Choice a percé sur la scène internationale en 1996, avec le tube "I'm not an addict". Pourtant, le talent de Sarah et Gert Bettens ne saurait se résumer à ce seul titre. Une compilation, intitulée "10" et résumant les dix années d'existence du groupe est disponible en CD et en DVD.
- Keren Ann : elle s'était fait un nom en travaillant avec Benjamin Biolay sur l'album "Vue sur ..." de Salvador. Après une très belle "Disparition", elle nous revient avec un album anglais tout en délicatesse, Not Going Anywhere. Un pur bonheur.
- Cali : révélation musicale de cette rentrée, Cali a composé un album traitant d'un seul et unique thème : l'amour. Il en parle avec réalisme et humour. A découvrir.
- Wolf's Rain : série d'animation réalisée par le prolifique et talentueux Studio Bones, Wolf's Rain se situe dans un futur dont les loups auraient disparu. Pourtant, eux seuls connaîtraient le chemin vers l'Eden. Et si des loups solitaires rôdaient encore en ce monde ?
- Lene Marlin : révélation musicale de la rentrée 1999, la jeune norvégienne nous propose enfin son second album (Another Day). Les textes sont plus mâtures, la voix toujours aussi douce, bien soutenus par une musique efficace.
- 24 : dans le seconde saison de 24 (renommée 24h Chrono sur Canal +), Jack Bauer et David Palmer, devenu le premier Noir président des Etats-Unis, doivent empêcher qu'une bombe nucléaire n'explose à Los Angeles. Un compte-à-rebours tendu, avec toujours plus de rebondissement, de retournements de situations, de pression.
- Buffy The Vampire Slayer : la septième et dernière saison de Buffy sera diffusée bientôt en France. 22 derniers épisodes qui concluent en beauté la série, avec un ennemi plus redoutable que jamais. Cette saison, tout sera une question de pouvoir.
- Witch Hunter Robin : série TV de 26 épisodes produite en 2002 par Sunrise. Une ambiance prenante, un scénario intelligent.
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Hemisphair est né en juin 2003. Il constitue mon second weblog après une expérience menée de décembre 2001 à novembre 2002.Hemisphair est géré à l'aide de l'outil b2evolution ; son design est adapté d'un modèle de mise en page proposé par François Planque.
L'ancienne version, réalisée avec b2, reste consultable ici.
