20.09.04

Détours par Paris [3615 It\'s My Life]
Le temps s'est contracté ce WE et a semblé passer bien plus rapidement que d'habitude.

La joie de se retrouver presque au complet, de beaux fous-rires ("Arigato Cédric !"), des moments de suspense (le samedi après-midi "à la 24h Chrono" pour que Marie, notre dessinatrice, puisse imprimer son fanzine) et une simple confirmation, comme une évidence : j'adore notre équipe, j'adore le fait que MJ soit, avant tout, une superbe aventure humaine.

Et puis il y a aussi le beau temps qu'il a finalement fait dimanche pour le Festival BD de Delcourt à Bercy/l'Harajuku, le pic-nic, tous ces gens revus avec un grand plaisir.

Un week-end plein de diversité, un WE comme je les aime.

13.09.04

Les IgNobel : quand la recherche sait rire d'elle-même [Recherche]
Insolite article que ce papier publié cette semaine dans la rubrique Sciences de Courrier International sous le titre "De la nécrophilie homosexuelle chez le canard colvert". Il y est question des IgNobel ("Ig" pour ignoble), ces prix décernés chaque année à des recherches improbables et loufoques. En voici quelques exemples, histoire de bien fixer les idées :
- en 2003, les découvreurs de la fameuse loi de Murphy (aussi connue sous le nom de loi de l'emmerdement maximum) furent "couronnés" ;
- la même année, des scientifiques australiens ont obtenu le IgNobel de physique pour leur "analyse des forces nécessaires pour traîner un mouton sur différentes surfaces" ;
- Richard Seed, prônant le clonage humain pour relancer l'économie mondiale, a reçu le IgNobel d'économie ;
- Jack et Rexella Van Impe ont obtenu, en 2001, le IgNobel d'astrophysique pour leur théorie selon laquelle les trous noirs satisfont toutes les conditions techniques requises pour coïncider avec la localisation de l'enfer ;
- c'est en montrant que les têtards préfèrent se regarder dans un miroir avec leur oeil gauche plutôt que le droit que le biologiste Richard Wassersug a décroché, en 2000, le IgNobel de biologie.
- etc.

Dans son article, Marie-Pier Elie revient, à juste titre, sur l'impact que toutes ces recherches a priori absurdes peuvent avoir en pratique. Elle illustre son propos en évoquant Peter Barss, professeur au département d'épidémiologie et de biostatistique à l'université McGill (Québec), qui a obtenu un IgNobel pour son travail sur les chutes de noix de coco. Une étude qui trouve des applications concrètes dans certains pays : en Nouvelle-Guinée, par exemple, où, chaque semaine, plusieurs personnes doivent se rendre aux urgences après qu'un de ces fruits ne leur est tombé sur la tête. Cet IgNobel a donné à Peter Barss une visibilité plus importante qu'il n'en avait jamais eue : il a alors pu profiter de la tribune que les medias lui offraient pour promouvoir son discours sur l'importance de la prévention des accidents.

L'IgNobel est donc loin d'être un simple délire partagé par quelques scientifiques à l'humour vaseux. Chaque année, plus de 5000 dossiers sont soumis aux IgNobel et les postulants se déplacent à leurs frais à la cérémonie de remise de prix qui se tient à Harvard. D'ailleurs, les IgNobel 2004 seront décernés le 30 septembre prochain.
Dans le jury figurent aussi d'authentiques prix Nobel ; à ce propos, Marc Abrahams, le créateur des IgNobel, précise que "lorsque l'IgNobel rencontre le Nobel, souvent, c'est ce dernier qui se montre le plus impressionné."

Au final, on retiendra surtout que Marc Abrahams a certainement percé un des "mystères" entourant le milieu de la recherche :
"Pour faire un travail frustrant comme celui des scientifiques, il faut être doté d'un excellent sens de l'humour. Ils consacrent des journées entières à essayer de comprendre ce que personne ne peut comprendre. Seul le sens de l'humour permet de dissiper cette source de frustration permanente."

12.09.04

Le PS perd la tête [Politique]
Cette semaine, Laurent Fabius a décidé de forcer son destin personnel, faisant d'un enjeu international (le futur référendum sur la constitution européenne) un tremplin pour ses ambitions personnelles. Jeudi, à la télévision, il s'est déclaré opposé à la constitution européenne à moins que le Président de la République n'infléchisse les politiques européennes en faveur de l'emploi et contre les délocalisations. Certes, il évoque de vrais problèmes relativement à la construction européenne ; mais il fallait le faire avant ou dans un contexte différent. Car ce qu'on retiendra de cette intervention, c'est le message fort adressé à ses adversaires et concurrents, semblant dire qu'entre lui et M. Chirac, il n'y a (plus) personne.
Après avoir semé la zizanie au sein du PS, son "non sauf" s'est aujourd'hui transformé en simple "non". On appréciera la constance de l'homme.

Et comme si cela ne suffisait pas, Jack Lang qui suggérait de "calmer le jeu et rétablir l'esprit de camaraderie", a cru bon d'embarquer pour l'express 2007 lancé par Fabius. Ce soir, à On ne peut pas plaire à tout le monde, l'ancien Ministre de la Culture a déclaré que la première qualité d'un bon candidat à la présidentielle, est d'avoir une bonne expérience d'homme d'état, fusillant de fait François Hollande, pourtant premier secrétaire du PS.

Faudrait-il rappeler au PS que nous sommes toujours plus proches d'avril 2002 que de mai 2007 ? Qu'avant de céder aux ambitions personnelles, les socialistes devraient réfléchir à leur projet. A moins qu'ils ne veuillent à tout prix vivre bientôt à Sarkoland. Permettez-moi toutefois de flipper à cette idée.

09.09.04

Mes coups de coeur de la rentrée [Littérature, Cinéma, Télévision]
Livre : Sarinagara de Philippe Forest

Dans les années 90, Philippe Forest et sa femme ont perdu leur fille, emportée à l'âge de 4 ans par un cancer. Il avait raconté cette épreuve et cette douleur dans ses deux précédents romans, L'Enfant Eternel et Toute la Nuit. Il avait alors obtenu une bourse du gouvernement français pour écrire un essai sur la littérature japonaise. Il s'est rendu au Japon et il a finalement choisi de raconter, dans son nouveau roman intitulé Sarinagara, trois vies qui sont entrées en résonance avec la sienne : celles du poète Kobayashi Issa, du romancier Natsume Sôseki et celle du photographe Yosuke Yamahata. Philippe Forest ne fait pas d'exotisme - il écrit d'ailleurs : "Sauf exception (Barthes bien sûr et quelques autres), les livres dans lesquels un écrivain français prétend initier son lecteur aux trésors inintelligibles de l'âme japonaise, abordant avec l'infinie délicatesse d'un initié toutes sortes de fadaises folkloriques, ont autant de valeur que les récits dans lesquels un professeur anglais, s'improvisant spécialiste de l'identité française, raconte ses vacances en Provence, au pays de la pétanque et du pastis, et ils méritent le même succès un peu honteux." Le Japon a simplement constitué, pour lui, "le lieu d'un dégagement rêvé", où la vie des autres lui a permis de réinvestir la sienne.

Le titre de ce roman provient du haïku d'Issa sur lequel ce roman s'ouvre : "Monde de rosée / c'est un monde de rosée / et pourtant pourtant". Issa avait rédigé ce haïku alors qu'il venait de perdre son seul enfant pour dire que tout est néant. Mais le dernier mot, "sarinagara" - qui peut se traduire par "cependant" ou "pourtant" - est primordial dans ce que ce texte dit de la vie.
Avec Sarinagara, roman fort et délicat, Philippe Forest signe, sans nul doute, l'un des meilleurs livres de cette rentrée littéraire.

Pour en savoir plus, on pourra se reporter aux articles que lui ont consacré Le Nouvel Obs et Libération.


Cinéma : Clean d'Olivier Assayas

C'est un thème peu évident auquel Olivier Assayas s'est attaqué dans son dernier film : le monde du rock, ses excès, et une femme qui souhaite reconstruire sa vie après avoir beaucoup perdu.
Lee est un artiste de rock en fin de carrière, héroïnomane, tout comme sa femme, l'arrogante Emily. Au cours d'une nuit où la dope était une fois de plus reine, Lee fait une overdose. Pour Emilie, c'est la chute : 6 mois de prison pour consommation de drogue, la garde de son fils est confiée à ses beaux-parents. Après ce séjour en détention, Emily aura à coeur de se reconstruire. Mais cela signifie qu'elle doit changer de vie, abandonner sa dépendance. Des conditions sine qua non si elle souhaite pouvoir renouer avec son petit garçon. C'est le lent parcours d'Emily qu'Assayas propose aux spectateurs. Une trajectoire faite de rencontres avec des personnages d'une consistance remarquable (le beau-père joué par Nick Nolte, impeccable, la carriériste rancunière interprétée par Jeanne Balibar, le musicien reconnu, Tricky, dans son propre rôle, ...). La mise en scène impressionne, notamment par sa maîtrise de l'ellipse : Assayas ne retient que l'essentiel, tout en offrant une place de choix à chaque personnage qu'Emily croise. Maggie Cheung, magnifique, et une BO de haute tenue finissent de faire de Clean le film du moment.


Série télévisée : Six Feet Under

Le premier contact avec Six Feet Under (Six Pieds sous Terre pour la version française) est souvent délicat. Il faut dire que le thème de cette création d'Alan Ball est plus qu'original : le quotidien d'une entreprise de pompes funèbres, Fisher & Sons ! Voilà une série qui nous renvoie face à nos propres tabous, à notre propre finitude : la série exige de surmonter nos propres réticences, nos propres peurs face à un sujet sur lequel nous préférons souvent fermer les yeux. C'est ainsi que beaucoup rechignent à visionner une oeuvre dont le point de départ paraît si morbide jusqu'au jour où ils tombent par hasard sur un épisode de la série. Et ils découvrent alors qu'il n'y a pas plus vivants que les personnages d'Alan Ball.
Je pourrais évoquer le travail enthousiasmant effectué sur la réalisation, la qualité de jeu des acteurs, le générique de début ... Je pourrais disserter sur la qualité des intrigues, sur les analyses sociologiques que chaque épisode propose. Je pourrais écrire des lignes et des lignes pour tenter de vous convaincre de l. Je me contenterais de vous dire : give it a try ! En effet, la diffusion de la première saison débute dès ce soir, à 1h05 du matin, sur France 2.

04.09.04

La recherche et ses incompréhensions [3615 It\'s My Life]
Une anecdote qui fera certainement sourire David qui, toute l'année, m'a chambré sur le mode "ouais, tu vas faire chercheur ... d'emploi" quand je lui disais que je voulais faire de la recherche. Dialogue qui s'est tenu il y a quelques minutes entre la propriétaire de l'épicerie chinoise de mon quartier et moi :
La propriétaire : Alors, vous avez repris l'école ?
Morgan : Non, non.
La propriétaire, ouvrant des grands yeux de stupéfaction : Ah bon ? Pas encore ?
Morgan : Euh, non, mais c'est plutôt moi qui ferait les cours désormais.
La propriétaire : Vous êtes professeur ?
Morgan : Non, seulement chargé de TP/TD. Et puis je fais de la recherche en informatique.
La propriétaire : Ah ? J'ai justement une cousine qui cherche quelqu'un pour faire de l'informatique à son bureau.
Morgan : Ah oui, mais non, je ne cherche pas de travail.
La propriétaire : Parce que sinon, vous n'avez qu'à laisser votre numéro de téléphone.
Morgan : Non, non, mais c'est bon pour le moment, merci quand même.

Au final :
- si j'ai vraiment la tête de quelqu'un qui rentre encore au lycée, j'ai du soucis à me faire pour le moment où je me retrouverais face à mes étudiants, en TP/TD (car niveau crédibilité, on a vu mieux).
- je vais être catalogué dans le quartier comme fainéant, en recherche d'emploi mais qui ne veut pas travailler.
- je sens que je vais m'amuser, les trois prochaines années, pour expliquer mon statut.

01.09.04

Dialogue de l'extrême [Société]
Petite devinette : que se disent deux entrepreneurs/patrons qui se rencontrent à l'Université d'Eté du MEDEF ?


La réponse est simple : "On finira bien par abroger le code du travail"

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Les vignettes ci-dessus correspondent à mes coups de coeur du moment. Elles représentent :
  • Nantes : la ville dans laquelle j'étudie depuis plus de deux ans. Un climat et un cadre des plus agréables.
  • K's Choice : c'est au cours de mon séjour en Belgique que j'ai découvert ce groupe de pop-rock belge. K's Choice a percé sur la scène internationale en 1996, avec le tube "I'm not an addict". Pourtant, le talent de Sarah et Gert Bettens ne saurait se résumer à ce seul titre. Une compilation, intitulée "10" et résumant les dix années d'existence du groupe est disponible en CD et en DVD.
  • Keren Ann : elle s'était fait un nom en travaillant avec Benjamin Biolay sur l'album "Vue sur ..." de Salvador. Après une très belle "Disparition", elle nous revient avec un album anglais tout en délicatesse, Not Going Anywhere. Un pur bonheur.
  • Cali : révélation musicale de cette rentrée, Cali a composé un album traitant d'un seul et unique thème : l'amour. Il en parle avec réalisme et humour. A découvrir.
  • Wolf's Rain : série d'animation réalisée par le prolifique et talentueux Studio Bones, Wolf's Rain se situe dans un futur dont les loups auraient disparu. Pourtant, eux seuls connaîtraient le chemin vers l'Eden. Et si des loups solitaires rôdaient encore en ce monde ?
  • Lene Marlin : révélation musicale de la rentrée 1999, la jeune norvégienne nous propose enfin son second album (Another Day). Les textes sont plus mâtures, la voix toujours aussi douce, bien soutenus par une musique efficace.
  • 24 : dans le seconde saison de 24 (renommée 24h Chrono sur Canal +), Jack Bauer et David Palmer, devenu le premier Noir président des Etats-Unis, doivent empêcher qu'une bombe nucléaire n'explose à Los Angeles. Un compte-à-rebours tendu, avec toujours plus de rebondissement, de retournements de situations, de pression.
  • Buffy The Vampire Slayer : la septième et dernière saison de Buffy sera diffusée bientôt en France. 22 derniers épisodes qui concluent en beauté la série, avec un ennemi plus redoutable que jamais. Cette saison, tout sera une question de pouvoir.
  • Witch Hunter Robin : série TV de 26 épisodes produite en 2002 par Sunrise. Une ambiance prenante, un scénario intelligent.

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