29.07.04

Animation japonaise : l'âge d'or ? [Animation]
Il paraîtrait qu'on vit une époque formidable. Ainsi, certains s'extasient, en expliquant que "ces dernières années, la Japanime prend un malin plaisir à se surpasser et à réécrire les règles à grands coups de Wolf's Rain, Last EXILE, Read or Die et autres". Dommage, je ne m'en étais pas rendu compte.

Car je suis loin de partager le même enthousiasme délirant - surtout au vu des séries suscitées. Certes, l'animation japonaise ne vit pas une période de déchéance, au contraire. Chaque année voit émerger plusieurs bonnes séries, divertissantes. Mais, à bien y regarder, rien de réellement révolutionnaire. On est plutôt dans une douce évolution qui se traduit notamment par des progrès techniques indéniables : de l'intégration des CG qui se fait de plus en plus "naturelle" (voir l'évolution de Blue Submarine No.6 à Last Exile, tous deux réalisés à quelques années d'intervalle par le prolifique studio Gonzo) au travail sur le raffinement du chara-design (cf. des séries comme Witch Hunter Robin ou Rahxephon où les personnages sont beaucoup plus expressifs que dans les oeuvres du milieu des années 90 et ce, même en considérant un grand canon comme Evangelion), les dessins animés qui sont sortis des studios nippons ces dernières années marquent un progrès très perceptible. Seulement, au niveau des scenarii et de la mise en scène, peu de séries TV innovent véritablement par rapport aux standards
mis en place entre 1975 et 1995 (la donne est un peu différente au niveau des longs métrages). L'intrigue de Rahxephon rappelle (non sans quelques nuances) celle d'Evangelion ; le Silvana (Last Exile) a des petits airs de Nautilus (Fushigi no umi no Nadia) ; ne parlons même pas des séries qui en sont à leur troisième ou quatrième saison (Saiyuki en tête) ...
Il y a bien quelques OVNI tels Serial Experiments Lain ou Shôjô Kakumei Utena (pour son aspect multi-référencé) mais rien qui ne constitue une oeuvre universellement reconnue, qui apporte une avancée significative dont on sait qu'elle sera certainement copiée par la suite. Les réalisateurs misent plutôt sur des valeurs sûres évitant ainsi de dérouter le spectateur. Peut-être que certains ratages à la Brain Powerd ont eu raison des vélléités d'innovation de certains. Voilà comment certains grands classiques ressortent ou se voient enfin adaptés en anime, d'Astro à Saint Seiya en passant par Monster.

Finalement, les productions se suivent sans réelle surprise pour le spectateur. Ne faisons pas la fine bouche : le niveau est bon (voire très bon), on voit passer beaucoup de séries agréables tant pour l'oeil que pour les méninges (Ghost In The Shell Stand Alone Complex, Juuni Kokki, ainsi que des séries moins connues mais qui sont souvent les plus intéressantes à l'instar de Now and Then, Here and There, Boogiepop Phantom ou Kino no tabi). Mais de là à dire que la japanime se surpasse continuellement, il y a un pas que je ne franchirai pas ...

28.07.04

Pif : retour gagnant ! [Bandes-Dessinées]
Libération nous l'apprenait hier : 400 000 exemplaire du numéro de juillet-août de Pif, signant le grand retour du célèbre magazine à gadgets, se sont déjà vendus. Et 8000 personnes se sont abonnées. C'est ce qu'on appelle un retour en force.

Quand on voit que 2004 nous offre non seulement le come-back de Pif, mais aussi la nouvelle formule de Spirou Magazine, plus dynamique et plus moderne (pour tout dire, je me suis remis à lire l'hebdomadaire de Marcinelle après une pause qui aura duré 5 ans), on ne peut que se réjouir de la vigueur retrouvée de la presse BD à destination d'un public familial.
Viabloga, une nouvelle plate-forme de Blogging [Weblog]
Stéphane, Delphine et Nicolas ont lancé une nouvelle plate-forme de création/gestion de weblog, basé sur le moteur de Joueb.com : Viabloga.
Viabloga, placé sous le signe du développement du développement durable, présente toutes les fonctionnalités qu'on est en droit d'attendre d'un outil de blogging. Avec le plus non négligeable que constituent les Mots-Clefs, concept inspiré par l'univers Wiki. A découvrir.

27.07.04

Manoeuvres politiciennes au Parlement Européen [Politique]
Suite aux dernières élections européennes, le PSE (Parti Socialiste Européen) et le PPE-DE (Parti Populaire Européen - Démocratie Européenne) ont opéré, pour la désignation du président du Parlement Européen, à un accord stratégique des plus douteux : un socialiste pour les deux premières années et demi, un conservateur pour les deux et demi suivantes. Cet accord purement politicien avait déjà déclenché, à juste titre, des réactions d'hostilité : ce n'est pas en magouillant que les responsables européens convaincront les citoyens de l'importance des enjeux liés à la construction européenne.

Mais on a récemment eu la confirmation que les grandes manoeuvres continuaient, à l'intérieur même des commissions. Ainsi, pour que Pervenche Berès soit élue à la tête de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement Européen, les socialistes européens doivent accepter que soit élue, à la tête de la Commission des droits de la femme, Anna Zaborska, une eurodéputée slovaque particulièrement réactionnaire. Mme Zaborska s'est en effet illustrée par le passé en se prononçant contre l'avortement et en proposant d'interner les homosexuels dans des hôpitaux psychiatriques.

Mesdames et Messieurs les Eurodéputés, il n'y a vraiment pas de quoi être fiers...

26.07.04

Quelle formation et quelle place pour l'ingénieur au XXIe siècle ? [Société]
Depuis quelques temps, un vaste débat règne au sein de mon école, tant du côté des professeurs que des élèves, sur ce qu'une école d'ingénieurs doit apporter aux étudiants : connaissances techniques ou manageriales ? Quelle place doit être accordée aux cours de communication ou de management, cours qui, depuis une dizaine d'année, se multiplient dans les écoles françaises à tel point que certains estiment que, bientôt, les écoles d'ingénieurs concurrenceront les écoles de commerce. Vous pourrez même trouver, ici et là, quelques huluberlus, vous expliquer que les écoles de commerce vont se faire phagocyter par les écoles d'ingénieurs à tendance commerciale. Sous prétexte que pour vendre un produit, il est désormais indispensable d'en connaître les aspects techniques ... Un raisonnement qui laisse songeur ...

Tout comme celui de ces visionnaires qui vous expliquent que des cours de communication (dont j'avais déjà dit tout le bien que j'en pensais dans un billet sur Violence des échanges en milieu tempéré) et de connaissance des entreprises (cours de gestion des ressources humaines ou de gestion de projet par exemple) sont indispensables dans la formation d'ingénieurs. Dans l'absolu, je serais plutôt d'accord. Seulement, ces cours sont imprégnés d'une idéologie néo-libérale qui ne fait pas dans la nuance ...

Il en résulte un net clivage parmi les étudiants. D'un côté, ceux qui estiment que la formation d'ingénieur doit s'adapter à l'entreprise et aux modèles économiques et reléguer la technique au second plan. De l'autre, ceux qui pensent qu'en mettant entre parenthèses la technique, on va perdre l'essence même de la fonction d'ingénieur.
C'est aussi sur un plan politique que se place le débat, entre les tenants d'une idéologie néo-libérale - "la mondialisation, c'est génial, ça n'apporte que du bonheur" - et ceux qui aimeraient qu'on n'oublie pas le facteur humain et social.

Finalement, on assiste à une opposition frontale qui peut donner des haut-le coeur.

A ma droite :

"Non mais attend mon p'tit bonhomme ! Tu crois que tu fais tourner une entreprise pourquoi ? Le business c'est pas de la philantropie ! T'es pas là pour rendre le monde meilleur ! Sinon, ça se saurait ! Faut arrêter de rêver ! Faut manger ou être manger ! Alors soit tu t'adaptes et tu luttes à armes égales en essayant de rester humain et de pas être la pire des putes (bref, t'essaie d'introduire un maximum d'humanisme, sans que ce soit suicidaire pour ton business), soit tu te prends pour un saint, tu fais l'innocent et le grand coeur, et au détour d'un bois, tu prends 20 cm dans le rectum et ton business a coulé. Résultat, t'es pas plus avancé d'avoir été d'une générosité extrême puisqu'elle t'a perdu, et tous tes efforts avec: il n'en reste aucune trace."

"Les gars, il existe une solution toute simple si le métier d'ingénieur ne vous plaît pas : faites un DEA, puis une thèse [...] et devenez prof [...]. Pas de concurrence, pas de profit, de pertes, de management, pas de stress, la pause café assurée, un boulot pénard jusqu'à la retraite. Et nous faites pas chier parce que vous n'aimez pas le monde réel !"

"La santé d'une entreprise (financière ou autre) ne se mesure pas par le ratio personnes licencieés/profit. C'est un peu plus subtil que ça... Tiens je donne un autre exemple puisque tu reprends l'argumentaire larmoyant de Moore dans "the Big One". Celui-ci vient interviewer le PDG de Nike qui fabrique des chaussures en Indonésie alors qu'il fait des profits et qu'il ferme des usines aux US. Ce que Moore ignore ou feint d'ignorer, c'est que si le PDG de Nike refuse de payer un ouvrier US mettons 5$ de l'heure pour fabriquer des chaussures, c'est que ses concurrents utilisent aussi des petits cambodgiens ou autre à 2 cents de l'heure, et ça, même si tu fais des profits, tu ne peux pas tenir cette concurrence. Ou alors tu fais des bénéfs la première année et tu mets la clé sous la porte la 2ème année.... "

Extraits de propos tenus sur un forum privé interne à un club de l'école, par des jeunes de 22/23 ans qui seront, à partir d'octobre prochain sur le marché du travail.

A ma gauche :
"Qu'on ne raconte donc pas de bêtises : le chef d'entreprise n'est pas un employeur. C'est un faiseur de pognon, purement et simplement. Et l'éducation doit se mettre à son service, sans broncher. Aucune participation au tissu social, au bout du compte. Décidément, l'entreprise sous cette forme et moi, nous ne sommes pas faits pour nous entendre..."
La place de l'ingénieur dans tout ça ? Elle est certainement à redéfinir en fonction de la donne de notre XXIe siècle. Reste que je suis très critique envers le penchant à droite que veulent lui donner certains marchands du temple.

25.07.04

C'est pas moi qui ait commencé, M'dame ... [Politique]
... c'est l'autre !

Voilà donc la manière dont le gouvernement cherche à justifier le recours à l'article 49-3 pour faire adopter son projet de loi sur la décentralisation. Les franc-tireurs de l'UMP accusent la gauche d'avoir contraint le Premier Ministre à cette extrémité. Un retournement de situation un peu facile.

Au sein même de la majorité présidentielle (Jean-Louis Debré en tête), certains estimaient que la discussion autour de ce projet sur la décentralisation aurait du attendre la rentrée. Mais le gouvernement Raffarin, ce n'est un secret pour personne, est très affaibli. Le Premier Ministre est complètement court-circuité par l'opposition devenue frontale entre son ministre d'Etat, Nicolas Sarkozy, et le Président de la République. Sans même parler des résultats électoraux de mars et de juin derniers, qui ont sonné comme de terribles camouflets pour l'UMP et la politique gouvernementale. Mieux valait donc, pour M. Raffarin, que cette loi sur la décentralisation, déjà fortement critiquée, soit oubliée au plus vite : quoi de mieux que de la proposer au cours de l'actuelle session extraordinaire de l'Assemblée Nationale ? Entre le 15 juillet et le 15 août, les Français pensent plus aux vacances qu'à la politique ; quelle belle période pour adopter un projet susceptible de déclencher l'ire de l'opinion publique !

Il lui restait encore à surmonter l'obstacle que constituaient les amendements proposés par l'opposition. Pour cela, il ne lui restait plus qu'à invoquer le fameux 49-3, expliquant que la gauche avait décidé de mener une bataille procédurière indigne de la France.

Pour rappel, l’article 49 alinéa 3 de la Constitution permet l'adoption sans vote d'un projet de loi à moins qu'une motion de censure soit déposée et votée. Ce qui, en pratique, est impossible à moins que la majorité parlementaire ne se retourne contre le gouvernement en place. Originellement, le 49-3 avait été mis en place pour éviter des blocages sur des projets de loi. Mais, au fil du temps, il est devenu un moyen de faire passer, en force, une réforme contestée.

Si, dans le cas de la décentralisation, la gauche a commis une erreur, c'est peut-être simplement d'avoir forcé le trait : il n'est pas dit qu'en déposant plus de 4000 amendements, elle n'ait pas surjoué son rôle - impression renforcée à la lecture de cette ironique proposition du PS qui suggère que seule l'Alsace (unique région avec la Corse à être restée à droite suite aux élections régionales de mars) a le droit de conserver la compétence du développement économique ... Pas sûr qu'en agissant ainsi, l'opposition n'ait pas fourni quelques arguments à un gouvernement qui, de toutes manières, se raccroche désespérément à la moindre branche.

Car Jean-Pierre Raffarin avait soigneusement préparé son coup :
- commencer, en dépit de tout bon sens, les débats autour d'une loi majeure un 22 juillet, alors que les députés (enfin ... ceux qui ne sèchent pas encore les bancs de l'Assemblée) n'attendent qu'une chose : partir en vacances ;
- essayer de convaincre de sa bonne foi en martelant, à qui veut l'entendre, que "la procédure du 49-3 est applicable en cas d'obstruction parlementaire. Ce qui n'est pour le moment pas le cas."
- et, quatre jours plus tard, rejeter la responsabilité sur les autres en arguant que "toutes les manoeuvres de retardement ont été engagées. Mon gouvernement ne sera donc pas complice de l'immobilisme.".

Belle mentalité !

21.07.04

Fahrenheit 9/11 [Cinéma]
Ce film est, plus ou moins, tout ce qu'on a pu lire dans la presse. C'est-à-dire efficace et prenant, mais relativement grossier dans son traitement, avec certains raccourcis plus que malheureux. Néanmoins, Michael Moore l'a dit et répété : il n'a pas fait un film pour les happy few qui s'y connaissent en (géo)politique. Il s'adresse avant tout à une majorité d'Américains qui n'est pas forcément passionnée par la politique. Et qu'on ne s'y trompe pas, Fahrenheit 9/11 est profondément pro-américain. Restent un certain nombre de questions.

On dit souvent la démocratie aux Etats-Unis moribonde. Pourtant, elle est capable d'accoucher d'un long-métrage tel que Farenheit 9/11 qui, malgré les difficultés rencontrés pour la distribution, est finalement sur les écrans. En France, qu'adviendrait-il d'un film pamphlet sur M. Chirac, détaillant ses promesses électorales non tenues, et, surtout, les affaires du financement du RPR ou des emplois fictifs à la mairie de Paris ? En admettant qu'un tel long-métrage trouve un distributeur, les spectateurs français se déplaceraient-ils en aussi grand nombre que pour l'oeuvre de Michael Moore ?

Autre interrogation : doit-on applaudir un film qui développe un point de vue dont on se sent proche, mais qui utilise, pour convaincre le quidam, des ficelles populistes ? La fin justifie-t-elle les moyens ?
Etant donné que mon espace Wanadoo disparaîtra le premier août prochain, j'ai décidé de republier les posts de mon premier weblog sur Hemisphair.
Je n'ai jamais caché mon insatisfaction concernant ma première période de blogging, qui s'est étendue du 29 décembre 2001 au 20 octobre 2002. Mais, dans le but de regrouper un peu mes textes en tant que webloggeur, les archives de cette époque vont finalement être peu à peu intégrées ici. Histoire, aussi, de mesurer le chemin parcouru depuis ce jour de décembre 2001 où, moi aussi, j'ai "plongé" dans la Blogosphère ...

20.07.04

Salaire des fonctionnaires en 2002 [Société]
Les fonctionnaires, leur nombre, leur salaire, ont coutume d'être l'objet de toute sorte de fantasmes. Alors, pour se mettre les idées au clair, rien de tel que cette étude que l'INSEE a publiée ce mois-ci, portant sur "le salaire des agents de l’État en 2002". On y apprend notamment que :

- si, en 2002, un agent de la fonction publique percevait en moyenne un salaire net de 2026 euros par mois, la moitié des agents titulaires gagnaient moins de 1923 euros par mois.

- 10% des fonctionnaires touchaient moins de 1305 euros nets par mois.
Contre l'intolérance et les extrémismes, une arme : la raison [Actualité]
Il est 20h et des poussières. Journal télévisé de France 2. Suite aux déclarations fracassantes d'Ariel Sharon qui exhorte les juifs de France à immigrer en Israël, deux reportages étaient consacrés à l'Aliyah (mouvement qui consiste, pour les juifs, à retourner en Israël). Dans le second, une femme justifiait son choix d'être partie habiter à Tel-Aviv. Expliquant qu'elle n'a pas vécue directement l'antisémitisme. Mais que sa montée lui paraissait évidente, au vu de ce qu'elle en entendait à la radio, ce qu'elle en voyait à la télévision. Tout cela lui montrait, selon elle, qu'en cas d'agression, la France ne ferait rien pour elle. Pendant la campagne présidentielle de 2002, la multiplication des reportages sur l'insécurité en France a joué en faveur d'une montée de la peur. Et a fait le jeu de l'extrême-droite. Aujourd'hui, c'est l'antisémistime et l'islamophobie qui, tour à tour, sont mis sur le devant de la scène. Et alors que l'information devrait être traitée avec le maximum de recul, c'est un engrenage infernal qui ne demande qu'à se mettre en branle. Attisant, comme l'a montré la récente affaire autour des fausses déclarations de Marie-Léonie, le communautarisme, le ressentiment, la peur. Les medias en sont pour partie responsable. Mais les téléspectateurs, les lecteurs - plus généralement nous tous - avons aussi notre part de responsabilité dès que nous oublions de garder prise dans le réel. Quand nous ne sommes plus capables de mettre de la distance entre les affirmations qui nous sont assénées et la réalité du quotidien. La lutte contre l'intolérance et les racismes quelqu'ils soient passent par une vigilence permanente de notre raison.

19.07.04

Mes amis devenus bloggeurs [Weblog]
S'il y a bien quelque chose que j'apprécie, c'est voir certains de mes amis se mettre à blogger, parfois avec un petit coup de main de ma part, parfois non. Il est très enrichissant de voir comment des personnes d'horizons très divers s'approprient le concept de weblog. Les résultats, souvent surprenants, sont très agréables à découvrir. Certains commencent, d'autres se sont pris au jeu, arrêtent ou font des pauses. C'est aussi l'occasion de découvrir sous un nouveau jour certaines plumes. Et surtout d'injecter un peu de fraîcheur dans ma liste de lecture.

18.07.04

Spiderman 2, avis d'un néophyte [Cinéma]
Avertissement : je me dois de préciser que, contrairement à certains spécialistes de ma connaissance, ma culture "Spiderman" est plus que réduite et se limite aux bases. C'est donc de manière relativement neutre que j'ai abordé les long-métrages mettant en scène de l'homme araignée.

Spiderman, premier du nom, m'avait fait passer un agréable moment. Il me paraissait intéressant dans son traitement de la fin de l'adolescence, la découverte des responsabilités. Et ce qui va avec pour Peter Parker, c'est-à-dire la gestion de pouvoirs un peu particuliers. Le traitement des relations entre ce héros si imparfait et Mary-Jane constituait aussi un des intérêts de cette adaptation - notamment dans la scène finale. Malheureusement, au moment où le Bouffon Vert était entré en scène, le film avait perdu en intérêt : un supervilain pas impressionnant pour deux sous, un patriotisme un brin excessif - même s'il fait partie intégrante de l'héritage "comics". Au final, je restais sur une impression mitigée.

Spiderman 2 m'a, lui, vraiment convaincu. Sam Raimi et son équipe ont su tirer les leçons qui s'imposaient. Ils ont, d'une part, capitalisé sur les réussites du premier film. Ainsi, Peter Parker a plus de mal que jamais à gérer les dilemmes qui se posent à lui. Son amour pour MJ, un amour qu'il se refuse toujours à déclarer, le torture. Et le voilà qui somatise, perdant peu à peu ses pouvoirs : être un super-héros, est-ce vraiment ce qu'il souhaite ?
D'autre part, le réalisateur a trouvé en Alfred Molina - alias Doc Octopus - un méchant cinématographiquement intéressant. Octopus est dans la lignée des scientifiques tels que nous les propose souvent le cinéma américain : des êtres qui ont tendance à faire passer leur soif de (re)connaissance avant l'intérêt commun et qui, parfois, franchissent la ligne jaune. Mais Doc Ock, de par sa caractéristique physique (il vit désormais en étant afflubé de quatre tentacules mécaniques qui ont leur propre "conscience"), est impressionnant et constitue un adversaire à la taille de Spiderman.

Mais ce qui est le plus intéressant avec ce nouvel opus, c'est le profond respect de Sam Raimi pour les spectateurs : le réalisateur de la trilogie des Evil Dead ose leur donner ce qu'ils attendent. Les situations ne sont pas figées, elles évoluent en permanence. Un blockbuster qui soit à la fois un excellent film d'action et un film d'auteur, on n'osait guère l'espérer. Sam Raimi l'a fait. Profondément jouissif.

16.07.04

Le weblog et le sablier [Weblog]
Tenir un weblog sur la longueur est-il vraiment possible ? Sur quelle durée un weblog "moyen" est-il susceptible de s'étendre ? Les quelques études qui ont été menées jusqu'à maintenant peuvent difficilement envisager le long terme, le weblog étant un media relativement neuf.

Peut-on garder la flamme pendant des mois et des années, à écrire des pages et des pages, quasi-quotidiennement, sans éprouver, par moments, une lassitude ou le besoin de faire une pause ?

Ecrire, c'est se livrer, donner une partie de soi, de ses réflexions, de ses pensées à autrui. Or j'envisage mal un tel don possible sans quelques discontinuités.

En fait, tout dépend de la manière dont on envisage l'exercice. Une approche très intellectualisée, très sérieuse incitera le weblogger à proposer des textes réfléchis et documentés. Mais une telle démarche n'est pas sans réclamer énergie et investissement. Energie qui, sur la longueur, peut venir à manquer, surtout quand certains événements extérieurs viennent à vous faire reconsidérer certains aspects de votre gestion du temps. Pas sûr qu'un weblog corresponde ad vitam au moyen d'expression principal sur lequel on souhaite s'exprimer.

Tenir un weblog est une activité chronophage. Ne parlons même de la lecture d'autres weblogs qui peut prendre des heures, temps qui dépend de la grosseur de ses favoris et de la profondeur de recherche à laquelle on s'adonne.

Mon rythme dans ces colonnes connaît, depuis quelques mois, un net ralentissement, lié à une certaine lassitude. Lassitude de l'exercice tel qu'envisagé jusqu'à maintenant, envie d'écrire fluctuante - non parce qu'il n'y a rien à dire, simplement parce qu'on ne sait pas toujours quoi dire, ni comment -, besoin de retourner au monde mais aussi de retrouver le stylo et le papier et de délaisser, pour un temps, le clavier et l'écran. Et aussi, d'autres projets, tout aussi excitants.

Je crois que ce n'est pas un hasard si tant d'expérimentations autour de la forme du weblog voient le jour. Laurent, après la fermeture de Navire, a tenté, avec Embruns, de donner moins d'importance à l'aspect chronologique et de privilégier une approche thématique. Je retrouve, dans ses expérimentations ou dans les interrogations de Berewt, de nombreuses questions que je me pose, tant en terme d'accessibilité/présentation que de ligne "éditoriale".

Un weblog est-il seulement fait pour durer ?

08.07.04

Pause Pub [3615 It\'s My Life]
Le DVD de Lost In Translation est sorti le 7 juillet en France. Cela valait la peine d'être précisé, tant ce film m'avait enthousiasmé à sa sortie au cinéma. Mon coup de coeur de 2004.

07.07.04

L'école et les élèves sans papiers [Société]
Mobilisation en faveur des sans-papiers scolarisés :
"«Je me souviens de la première fois qu'un de mes élèves m'a dit qu'il était sans-papiers, le choc», se rappelle Richard Moyon, enseignant à Châtenay-Malabry. «Je ne peux plus faire cours normalement avec K. en face de moi, qui risque de partir au Maroc», confie un professeur d'histoire-géo, en poste près de Paris. Toute l'année, des enseignants sonnés et des parents d'élèves de primaire ou de maternelle révoltés, se sont mobilisés sans relâche. Avec la fin de l'année scolaire, les menaces se précisent. Tous craignent de voir partir ces élèves et de ne garder d'eux que leur visage sur une photo de classe.[...]"

Sans papiers en octobre, plus jeune bachelier de France en juin :
"Dans deux mois, Mohammed sera étudiant. En maths sup à Charlemagne, l'une des plus prestigieuses prépas de la capitale. Mais le plus jeune bachelier de France (14 ans) n'a pas oublié son arrivée en France, il y a quelques mois. Le 16 octobre 2003, six semaines après la rentrée des classes. A l'époque, il cherchait encore un lycée sous peine d'être expulsé.[...]"
BA [Weblog]
Bertrand lance un appel désespéré à ses lecteurs et leur demande de faire un bon geste, à la veille des départs en vacances : lui laisser un petit commentaire.

Eh bien, je fais plus : je fais carrément un trackback sur son billet. Quel être généreux je suis !

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Les vignettes ci-dessus correspondent à mes coups de coeur du moment. Elles représentent :
  • Nantes : la ville dans laquelle j'étudie depuis plus de deux ans. Un climat et un cadre des plus agréables.
  • K's Choice : c'est au cours de mon séjour en Belgique que j'ai découvert ce groupe de pop-rock belge. K's Choice a percé sur la scène internationale en 1996, avec le tube "I'm not an addict". Pourtant, le talent de Sarah et Gert Bettens ne saurait se résumer à ce seul titre. Une compilation, intitulée "10" et résumant les dix années d'existence du groupe est disponible en CD et en DVD.
  • Keren Ann : elle s'était fait un nom en travaillant avec Benjamin Biolay sur l'album "Vue sur ..." de Salvador. Après une très belle "Disparition", elle nous revient avec un album anglais tout en délicatesse, Not Going Anywhere. Un pur bonheur.
  • Cali : révélation musicale de cette rentrée, Cali a composé un album traitant d'un seul et unique thème : l'amour. Il en parle avec réalisme et humour. A découvrir.
  • Wolf's Rain : série d'animation réalisée par le prolifique et talentueux Studio Bones, Wolf's Rain se situe dans un futur dont les loups auraient disparu. Pourtant, eux seuls connaîtraient le chemin vers l'Eden. Et si des loups solitaires rôdaient encore en ce monde ?
  • Lene Marlin : révélation musicale de la rentrée 1999, la jeune norvégienne nous propose enfin son second album (Another Day). Les textes sont plus mâtures, la voix toujours aussi douce, bien soutenus par une musique efficace.
  • 24 : dans le seconde saison de 24 (renommée 24h Chrono sur Canal +), Jack Bauer et David Palmer, devenu le premier Noir président des Etats-Unis, doivent empêcher qu'une bombe nucléaire n'explose à Los Angeles. Un compte-à-rebours tendu, avec toujours plus de rebondissement, de retournements de situations, de pression.
  • Buffy The Vampire Slayer : la septième et dernière saison de Buffy sera diffusée bientôt en France. 22 derniers épisodes qui concluent en beauté la série, avec un ennemi plus redoutable que jamais. Cette saison, tout sera une question de pouvoir.
  • Witch Hunter Robin : série TV de 26 épisodes produite en 2002 par Sunrise. Une ambiance prenante, un scénario intelligent.

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