09.01.05
Bloc-notes : sur la diminution des bourses de thèse [Recherche]
Pour ce qui est du CNRS et des bourses de docteur-ingénieur attribuées à des personnes déjà titulaires d'un diplôme d'ingénieur : en 2003, le CNRS accueillait 805 boursiers BDI contre 860 fin 2002.
Source : Bilan Social 2003 du CNRS
Source : Bilan Social 2003 du CNRS
29.12.04
Des conflits d'intéret [Recherche]
Le Monde consacre un article aux difficultés que rencontrent les docteurs pour intégrer le marché du travail.
On y lit des propos représentatifs de l'incompréhension entre privé et public :
A noter que la publication de cet article a été suivi, sur la liste de diffusion HotDocs, d'un débat sur la "légitimité" des docteurs-ingénieurs par rapport aux docteurs ayant suivi un parcours purement universitaire. Certaines personnes abonnées sur la liste expliquent ainsi ne pas remettre "en cause les passerelles qui permettent à un ingénieur de faire une thèse, mais le phénomène a atteint une ampleur qui nuit grandement à l'emploi des docteurs "universitaires"". On y apprend aussi qu'en informatique, aux concours de CR2 (CNRS et INRIA) ces quatre dernières années, la proportion de docteurs "purement" universitaire recrutés serait nulle (sous réserve - je n'ai pas réussi à trouver de confirmation de cette information).
Un problème qui, s'il ne me concerne pas directement, n'en est pas moins préoccupant : il n'y a rien à gagner à voir se détériorer les relations entre docteurs "universitaires" et docteurs-ingénieurs. Surtout en cette période où la recherche publique vit une sévère remise en question.
On y lit des propos représentatifs de l'incompréhension entre privé et public :
Denis Ranque, PDG du groupe Thalès, donne la mesure du gouffre qui, en France, sépare les recherches publique et privée. "Pour être volontairement provocant, déclare-t-il, on peut dire que, face à un jeune docteur, un chef de service moyen de Thalès se pose la question de savoir s'il n'a pas été trop "pollué" par le système de la recherche publique."
A noter que la publication de cet article a été suivi, sur la liste de diffusion HotDocs, d'un débat sur la "légitimité" des docteurs-ingénieurs par rapport aux docteurs ayant suivi un parcours purement universitaire. Certaines personnes abonnées sur la liste expliquent ainsi ne pas remettre "en cause les passerelles qui permettent à un ingénieur de faire une thèse, mais le phénomène a atteint une ampleur qui nuit grandement à l'emploi des docteurs "universitaires"". On y apprend aussi qu'en informatique, aux concours de CR2 (CNRS et INRIA) ces quatre dernières années, la proportion de docteurs "purement" universitaire recrutés serait nulle (sous réserve - je n'ai pas réussi à trouver de confirmation de cette information).
Un problème qui, s'il ne me concerne pas directement, n'en est pas moins préoccupant : il n'y a rien à gagner à voir se détériorer les relations entre docteurs "universitaires" et docteurs-ingénieurs. Surtout en cette période où la recherche publique vit une sévère remise en question.
25.12.04
Des problèmes de débouchés dans le secteur public à l'issue du doctorat [Recherche]
Le rapport général 2003 de l'Inspection Générale de l'Education Nationale et de la Recherche n'est pas des plus réjouissants. Concernant l'enseignement supérieur, on y apprend que :
- "un jeune docteur, intéressé par une carrière dans l'enseignement supérieur, a, globalement, près de 12% de chances d'accéder à la maîtrise de conférences."
- "Comme pour les professeurs, bien que de façon moins évidente, l'accès à la maîtrise de conférence est plus difficile dans les sciences dures."
- "Les rendements dans les systèmes de recrutement et de qualification sont à la fois faibles et fortement inégalitaires au détriment des sciences dures. Les carrières qui sont proposées aux jeunes docteurs sont extrêmement sélectives : moins de deux pour cent des docteurs candidats à l’enseignement supérieur ont une chance d’accéder au professorat."
- "un jeune docteur, intéressé par une carrière dans l'enseignement supérieur, a, globalement, près de 12% de chances d'accéder à la maîtrise de conférences."
- "Comme pour les professeurs, bien que de façon moins évidente, l'accès à la maîtrise de conférence est plus difficile dans les sciences dures."
- "Les rendements dans les systèmes de recrutement et de qualification sont à la fois faibles et fortement inégalitaires au détriment des sciences dures. Les carrières qui sont proposées aux jeunes docteurs sont extrêmement sélectives : moins de deux pour cent des docteurs candidats à l’enseignement supérieur ont une chance d’accéder au professorat."
13.09.04
Les IgNobel : quand la recherche sait rire d'elle-même [Recherche]
Insolite article que ce papier publié cette semaine dans la rubrique Sciences de Courrier International sous le titre "De la nécrophilie homosexuelle chez le canard colvert". Il y est question des IgNobel ("Ig" pour ignoble), ces prix décernés chaque année à des recherches improbables et loufoques. En voici quelques exemples, histoire de bien fixer les idées :
- en 2003, les découvreurs de la fameuse loi de Murphy (aussi connue sous le nom de loi de l'emmerdement maximum) furent "couronnés" ;
- la même année, des scientifiques australiens ont obtenu le IgNobel de physique pour leur "analyse des forces nécessaires pour traîner un mouton sur différentes surfaces" ;
- Richard Seed, prônant le clonage humain pour relancer l'économie mondiale, a reçu le IgNobel d'économie ;
- Jack et Rexella Van Impe ont obtenu, en 2001, le IgNobel d'astrophysique pour leur théorie selon laquelle les trous noirs satisfont toutes les conditions techniques requises pour coïncider avec la localisation de l'enfer ;
- c'est en montrant que les têtards préfèrent se regarder dans un miroir avec leur oeil gauche plutôt que le droit que le biologiste Richard Wassersug a décroché, en 2000, le IgNobel de biologie.
- etc.
Dans son article, Marie-Pier Elie revient, à juste titre, sur l'impact que toutes ces recherches a priori absurdes peuvent avoir en pratique. Elle illustre son propos en évoquant Peter Barss, professeur au département d'épidémiologie et de biostatistique à l'université McGill (Québec), qui a obtenu un IgNobel pour son travail sur les chutes de noix de coco. Une étude qui trouve des applications concrètes dans certains pays : en Nouvelle-Guinée, par exemple, où, chaque semaine, plusieurs personnes doivent se rendre aux urgences après qu'un de ces fruits ne leur est tombé sur la tête. Cet IgNobel a donné à Peter Barss une visibilité plus importante qu'il n'en avait jamais eue : il a alors pu profiter de la tribune que les medias lui offraient pour promouvoir son discours sur l'importance de la prévention des accidents.
L'IgNobel est donc loin d'être un simple délire partagé par quelques scientifiques à l'humour vaseux. Chaque année, plus de 5000 dossiers sont soumis aux IgNobel et les postulants se déplacent à leurs frais à la cérémonie de remise de prix qui se tient à Harvard. D'ailleurs, les IgNobel 2004 seront décernés le 30 septembre prochain.
Dans le jury figurent aussi d'authentiques prix Nobel ; à ce propos, Marc Abrahams, le créateur des IgNobel, précise que "lorsque l'IgNobel rencontre le Nobel, souvent, c'est ce dernier qui se montre le plus impressionné."
Au final, on retiendra surtout que Marc Abrahams a certainement percé un des "mystères" entourant le milieu de la recherche :
- en 2003, les découvreurs de la fameuse loi de Murphy (aussi connue sous le nom de loi de l'emmerdement maximum) furent "couronnés" ;
- la même année, des scientifiques australiens ont obtenu le IgNobel de physique pour leur "analyse des forces nécessaires pour traîner un mouton sur différentes surfaces" ;
- Richard Seed, prônant le clonage humain pour relancer l'économie mondiale, a reçu le IgNobel d'économie ;
- Jack et Rexella Van Impe ont obtenu, en 2001, le IgNobel d'astrophysique pour leur théorie selon laquelle les trous noirs satisfont toutes les conditions techniques requises pour coïncider avec la localisation de l'enfer ;
- c'est en montrant que les têtards préfèrent se regarder dans un miroir avec leur oeil gauche plutôt que le droit que le biologiste Richard Wassersug a décroché, en 2000, le IgNobel de biologie.
- etc.
Dans son article, Marie-Pier Elie revient, à juste titre, sur l'impact que toutes ces recherches a priori absurdes peuvent avoir en pratique. Elle illustre son propos en évoquant Peter Barss, professeur au département d'épidémiologie et de biostatistique à l'université McGill (Québec), qui a obtenu un IgNobel pour son travail sur les chutes de noix de coco. Une étude qui trouve des applications concrètes dans certains pays : en Nouvelle-Guinée, par exemple, où, chaque semaine, plusieurs personnes doivent se rendre aux urgences après qu'un de ces fruits ne leur est tombé sur la tête. Cet IgNobel a donné à Peter Barss une visibilité plus importante qu'il n'en avait jamais eue : il a alors pu profiter de la tribune que les medias lui offraient pour promouvoir son discours sur l'importance de la prévention des accidents.
L'IgNobel est donc loin d'être un simple délire partagé par quelques scientifiques à l'humour vaseux. Chaque année, plus de 5000 dossiers sont soumis aux IgNobel et les postulants se déplacent à leurs frais à la cérémonie de remise de prix qui se tient à Harvard. D'ailleurs, les IgNobel 2004 seront décernés le 30 septembre prochain.
Dans le jury figurent aussi d'authentiques prix Nobel ; à ce propos, Marc Abrahams, le créateur des IgNobel, précise que "lorsque l'IgNobel rencontre le Nobel, souvent, c'est ce dernier qui se montre le plus impressionné."
Au final, on retiendra surtout que Marc Abrahams a certainement percé un des "mystères" entourant le milieu de la recherche :
"Pour faire un travail frustrant comme celui des scientifiques, il faut être doté d'un excellent sens de l'humour. Ils consacrent des journées entières à essayer de comprendre ce que personne ne peut comprendre. Seul le sens de l'humour permet de dissiper cette source de frustration permanente."
27.03.04
De la recherche française ..., de Hélène Cherrucresco [Recherche]
C'est cette semaine qu'est paru, chez Gallimard, l'ouvrage d'Hélène Cherrucresco, De la recherche française ... du peu qu'il en reste et du pire qui l'attend encore.Hélène Cherrucresco, c'est un pseudonyme : l'anagramme de "chercheurs en colère". Hélène a commencé à faire parler d'elle en septembre 2003, après avoir envoyé à un certain nombre de journalistes scientifiques une enquête concernant le système des Fondations et dénonçant les pressions de l'industrie biotechnologique. A partir de là, la machine s'emballe, Hélène acquiert une certaine renommée en envoyant régulièrement à la presse des papiers.
Mais Hélène tient à l'anonymat de ses membres. Peut-être une condition sine qua non pour dénoncer librement certaines pratiques habituellement taboues.
Même si le collectif Sauvons la Recherche a fait prendre conscience au grand public de la crise dans laquelle la recherche française s'enfonçait, Hélène a ressenti le besoin d'écrire un livre car, dit-elle :
"La pétition "Sauvons la Recherche publique" qui réunit plusieurs milliers de signatures crée l'événement. Les journalistes, prêts depuis longtemps, relaient de façon massive la crise de la recherche.Hélène revient donc sur le fonctionnement de la recherche publique, une recherche dont les missions sont tout autant la production de connaissance et de savoir que la diffusion du savoir. Hélène revient aussi sur les projets fondateurs de la recherche publique, puis sur la phase de destruction qui fait rage depuis une dizaine d'années. L'occasion de remettre certaines pendules à l'heure : si Claudie Haignéré aime à rappeler que la France a augmenté sa dépense de recherche de 2,4% depuis 1995, ce taux fait pâle figure devant celui que peuvent afficher l'Italie (2,7%), le Japon (2,8% entre 1996 et 2001), ou encore les Etats-Unis (5,4%) et l'Espagne (6,5%). Sans même parler des pays nordiques ...
L'opinion est maintenant au fait du problème. Mais l'aspect financier sur lequel se cristallise le débat ne me satisfait pas : il n'est que l'outil d'un démantèlement à venir. Je décide donc d'écrire un livre, un livre qui servira de cheval de Troie."
Parallèlement, Hélène aborde de nouveau le sujet qui l'avait faite connaître : elle évoque aussi bien le lobby des industries biotechnologiques que l'influence du secteur militaire sur la recherche de pays tels que les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France alors que, pourtant, existe un Traité de Non-Prolifération des Armes Nucléaires.
L'ouvrage se poursuit par une petite séance de "travaux pratiques" : les difficultés du CNES, la diminution des crédits alloués à l'archéologie et, enfin, le (mauvais) exemple britannique. Le système adopté de l'autre côté de la Manche, c'est un peu le fantasme absolu de notre actuel gouvernement français : "en 2003, sur les 43 000 chercheurs à temps plein que compte le Royaume-Uni, 41 000 le sont sur des contrats à durée déterminée. Ils étaient 30 000 en 1994." Bien entendu, les conséquences sont désastreuses et une commission parlementaire britannique de la Chambre des Communes concluait en ces termes :
"La proportion de chercheurs travaillant sur des contrats à durée déterminée est trop élevée. Le point de départ de toute politique devrait être de réduire cette proportion ... La funeste distinction entre employés permanents et précaires doit disparaître. Nous devons rechercher la sécurité de tous les personnels de l'éducation supérieure."Hélène termine son étude par des propositions visant à rétablir "une recherche publique au service du public" et à "démocratiser la politique scientifique". C'est ainsi qu'elle explique que "les résultats de la recherche publique doivent être accessibles à tous. Ils doivent donc être protégés des méthodes discriminatoires de diffusion de connaissances, comme certains brevets, certains contrats industriels de non-divulgation, etc. L'un des modèles à suivre est celui des logiciels et licences libres, inventés par des informaticiens." Et, suivant ce principe, avec l'accord de Gallimard, Hélène a publié son livre sous copyleft. L'un des rares ouvrages "grand public", à ma connaissance, à être édité sous ce procédé ! Cela signifie que la reproduction et la diffusion du livre sont libres à condition qu'elles soient fidèles, dans le texte et l'esprit. Pour plus de renseignements sur les logiciels libres et le copyleft, consulter la rubrique qui y est consacrée sur ce weblog.
"The proportion of researchers working on fixed-term contracts is too high. The starting point for any policy should be to reduce this proportion. [...] We must end the damaging distinction between permanently employed academics and CRS. We must aim for security for all higher education staff even if this means that none is entitled to a job for life."
Source : Rapport figurant sur le site de la Chambre des Communes
Bref, un petit livre à lire pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de la crise traversée actuellement par la recherche, offrant une vision différente (mais pas antithétique) de celle proposée par le collectif "Sauvons la Recherche".
La crise de la recherche française [Recherche]
J'avais déjà eu l'occasion d'évoquer la situation désastreuse de la recherche en Europe, et plus particulièrement en France. Mais je n'étais pas encore revenu sur le vaste mouvement salutaire qui a secoué le monde de la recherche, ces trois derniers mois. Il est donc temps de réparer ce manque.
Si le gouvernement Jospin n'avait pas été à la hauteur des espoirs placés en lui sur ce dossier, l'arrivée à Matignon de Jean-Pierre Raffarin annonçait des jours encore plus funestes pour la recherche française. Voilà bientôt deux ans que le gouvernement adopte des mesures aggravant chaque jour un peu plus la précarisation de la recherche. C'est dans ce contexte qu'en janvier dernier, le collectif Sauvons la Recherche a lancé sa fameuse pétition. Son objectif était de donner de la visibilité aux demandes des chercheurs, mais aussi de sensibiliser le grand public à la situation de la recherche dans l'Hexagone.
Les chercheurs avancent trois principales revendications :
- "que les sommes dues aux organismes (dotations 2002 toujours non versées) leur soient immédiatement versées." : en 2002, le gouvernement a annulé 140 millions d'euros inscrits au budget de la recherche, puis gelé les crédits votés pour les troisième et quatrième trimestres 2002 (soit 294 millions d'euros). Après des mois de bataille autour de ce sujet, Claudie Haignéré a fini par céder en annonçant le dégel des sommes bloquées en 2002. Mais Mme la ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies oublie de préciser qu'en 2003, le budget de la recherche a connu une baisse significative (-3% en volume en tenant compte de l'inflation). En 2002-2003, les sommes allouées aux laboratoires de recherche ont chuté de 33.8% pour le CNRS, 28.2% pour l'INSERM et 26.3% pour l'INRA.
Enfin, à titre de comparaison, la France consacre actuellement 2,2% de son PIB à la recherche, les Etats-Unis 2,8% et le Japon 3%.
- "que le nombre de possibilités d'embauche proposées aux jeunes chercheurs pour les concours 2004 soit significativement augmenté." : à titre d'exemple, 95 postes de chercheurs étaient proposés au Concours Inserm en 2002 ; 30 en 2004.
Le souhait du gouvernement est la multiplication, dans le domaine de la recherche, des contrats à durée déterminée (CDD). Ainsi, en 2004, 550 postes de chercheurs (1/3) et ingénieurs/Techniciens (2/3) ont été annulés et transformés en CDD. Alors que la recherche publique n'emploie que 1% du nombre total de fonctionnaires, ces postes annulés représentent près de 12% des 5000 postes de fonctionnaires supprimés cette année ! Par ailleurs, est-il acceptable que des personnes qui ont déjà suivi de longues études (BAC+8/10/12) soient condamnées à voguer de CDD en CDD ? La recherche mérite-t-elle un tel mépris de la part de nos gouvernants ?
- "que soit mise en chantier dans les plus brefs délais la préparation d'assises nationales de la recherche. [...] Un tel colloque [...] devra déboucher sur la mise en place d'une politique pluri-annuelle offrant des perspectives d'embauche et de carrière attractives pour les jeunes chercheurs." : si le gouvernement a finalement consenti à l'organisation d'assises, il reste à voir ce qu'il en découlera. La réponse de Jacques Chirac aux chercheurs, le 17 mars dernier, a déçu. Plus que jamais se pose la question de l'avenir de la recherche française.
Ces trois revendications font l'objet de la pétition du comité "Sauvons la recherche", pétition qui a recueilli, depuis janvier, 74325 signatures de membres du personnel de la recherche et 232095 signatures de citoyens. L'ampleur du mouvement traduit avec force le désarroi dans lequel est plongé la recherche en France et la nécessité de mesures concrètes. Sans quoi la recherche française ne sera bientôt plus qu'un simple champ de ruines. Alors que la concurrence entre les pays s'accroît constamment, la France peut-elle se permettre de sacrifier sa matière grise ?
Pour finir, précisons que, même si vous n'appartenez pas au secteur professionnel de la recherche, vous pouvez témoigner de votre soutien au mouvement des chercheurs en signant la pétition "citoyenne".
Sources :
- Le site du comité "Sauvons la Recherche"
- Les divers articles consacrés au sujet par Libération
- Les divers articles consacrés au sujet par Le Monde
- L'Humanité du 9 mars 2004
Si le gouvernement Jospin n'avait pas été à la hauteur des espoirs placés en lui sur ce dossier, l'arrivée à Matignon de Jean-Pierre Raffarin annonçait des jours encore plus funestes pour la recherche française. Voilà bientôt deux ans que le gouvernement adopte des mesures aggravant chaque jour un peu plus la précarisation de la recherche. C'est dans ce contexte qu'en janvier dernier, le collectif Sauvons la Recherche a lancé sa fameuse pétition. Son objectif était de donner de la visibilité aux demandes des chercheurs, mais aussi de sensibiliser le grand public à la situation de la recherche dans l'Hexagone.
Les chercheurs avancent trois principales revendications :
- "que les sommes dues aux organismes (dotations 2002 toujours non versées) leur soient immédiatement versées." : en 2002, le gouvernement a annulé 140 millions d'euros inscrits au budget de la recherche, puis gelé les crédits votés pour les troisième et quatrième trimestres 2002 (soit 294 millions d'euros). Après des mois de bataille autour de ce sujet, Claudie Haignéré a fini par céder en annonçant le dégel des sommes bloquées en 2002. Mais Mme la ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies oublie de préciser qu'en 2003, le budget de la recherche a connu une baisse significative (-3% en volume en tenant compte de l'inflation). En 2002-2003, les sommes allouées aux laboratoires de recherche ont chuté de 33.8% pour le CNRS, 28.2% pour l'INSERM et 26.3% pour l'INRA.
Enfin, à titre de comparaison, la France consacre actuellement 2,2% de son PIB à la recherche, les Etats-Unis 2,8% et le Japon 3%.
- "que le nombre de possibilités d'embauche proposées aux jeunes chercheurs pour les concours 2004 soit significativement augmenté." : à titre d'exemple, 95 postes de chercheurs étaient proposés au Concours Inserm en 2002 ; 30 en 2004.
Le souhait du gouvernement est la multiplication, dans le domaine de la recherche, des contrats à durée déterminée (CDD). Ainsi, en 2004, 550 postes de chercheurs (1/3) et ingénieurs/Techniciens (2/3) ont été annulés et transformés en CDD. Alors que la recherche publique n'emploie que 1% du nombre total de fonctionnaires, ces postes annulés représentent près de 12% des 5000 postes de fonctionnaires supprimés cette année ! Par ailleurs, est-il acceptable que des personnes qui ont déjà suivi de longues études (BAC+8/10/12) soient condamnées à voguer de CDD en CDD ? La recherche mérite-t-elle un tel mépris de la part de nos gouvernants ?
- "que soit mise en chantier dans les plus brefs délais la préparation d'assises nationales de la recherche. [...] Un tel colloque [...] devra déboucher sur la mise en place d'une politique pluri-annuelle offrant des perspectives d'embauche et de carrière attractives pour les jeunes chercheurs." : si le gouvernement a finalement consenti à l'organisation d'assises, il reste à voir ce qu'il en découlera. La réponse de Jacques Chirac aux chercheurs, le 17 mars dernier, a déçu. Plus que jamais se pose la question de l'avenir de la recherche française.
Ces trois revendications font l'objet de la pétition du comité "Sauvons la recherche", pétition qui a recueilli, depuis janvier, 74325 signatures de membres du personnel de la recherche et 232095 signatures de citoyens. L'ampleur du mouvement traduit avec force le désarroi dans lequel est plongé la recherche en France et la nécessité de mesures concrètes. Sans quoi la recherche française ne sera bientôt plus qu'un simple champ de ruines. Alors que la concurrence entre les pays s'accroît constamment, la France peut-elle se permettre de sacrifier sa matière grise ?
Pour finir, précisons que, même si vous n'appartenez pas au secteur professionnel de la recherche, vous pouvez témoigner de votre soutien au mouvement des chercheurs en signant la pétition "citoyenne".
Sources :
- Le site du comité "Sauvons la Recherche"
- Les divers articles consacrés au sujet par Libération
- Les divers articles consacrés au sujet par Le Monde
- L'Humanité du 9 mars 2004
07.01.04
La recherche en Europe [Recherche]
On le sait, l'année 2003 fut particulièrement sombre pour la recherche en France et, plus généralement, en Europe.
Le Monde - Dossiers & Documents revient justement, dans son édition de janvier 2004, sur "l'avenir incertain de l'enseignement et de la recherche". L'occasion de rappeler que les Etats-Unis et le Japon investissent beaucoup plus que l'Europe dans la recherche (en 2001, l'Union Européenne y a consacré 2% de ses ressources, contre 2,8% pour les Etats-Unis et 3,1% pour le Japon). Si l'investissement public est à peu près équivalent, difficile d'en dire de même pour l'investissement privé. Mme Reding, commissaire européen chargée de la culture et de l'éducation, estime que les universités doivent immanquablement s'ouvrir sur le privé.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes et montrent le peu d'attractivité du Vieux Continent :
Le Monde - Dossiers & Documents revient justement, dans son édition de janvier 2004, sur "l'avenir incertain de l'enseignement et de la recherche". L'occasion de rappeler que les Etats-Unis et le Japon investissent beaucoup plus que l'Europe dans la recherche (en 2001, l'Union Européenne y a consacré 2% de ses ressources, contre 2,8% pour les Etats-Unis et 3,1% pour le Japon). Si l'investissement public est à peu près équivalent, difficile d'en dire de même pour l'investissement privé. Mme Reding, commissaire européen chargée de la culture et de l'éducation, estime que les universités doivent immanquablement s'ouvrir sur le privé.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes et montrent le peu d'attractivité du Vieux Continent :
Environ 75% des titulaires européens de doctorats américains qui ont reçu leur diplôme entre 1991 et 2000, soit environ 11 000 personnes, n'ont pas l'intention de revenir en Europe, et un nombre croissant d'entre eux préfèrent rester aux Etats-Unis.
Ce chiffre est issu d'une vaste étude commandée par la Comission européenne sur la mobilité internationale des chercheurs. Il tend à prouver que la "fuite des cerveaux" s'accentue de l'Europe vers les Etats-Unis, où les projets d'installation de chercheurs venus d'Europe sont en augmentation.[...]
Selon cette enquête, les principales raisons qui retiennent les scientifiques et les ingénieurs européens à l'étranger tiennent à la qualité du travail : meilleures possibilités d'emploi, meilleures perspectives de carrière, meilleur accès aux technologies de pointe, meilleures installations de recherche. Le salaire, sans être un facteur négligeable, n'est pas déterminant dans leur choix : il n'est cité que par un quart d'entre eux.
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Les vignettes ci-dessus correspondent à mes coups de coeur du moment. Elles représentent :
- Nantes : la ville dans laquelle j'étudie depuis plus de deux ans. Un climat et un cadre des plus agréables.
- K's Choice : c'est au cours de mon séjour en Belgique que j'ai découvert ce groupe de pop-rock belge. K's Choice a percé sur la scène internationale en 1996, avec le tube "I'm not an addict". Pourtant, le talent de Sarah et Gert Bettens ne saurait se résumer à ce seul titre. Une compilation, intitulée "10" et résumant les dix années d'existence du groupe est disponible en CD et en DVD.
- Keren Ann : elle s'était fait un nom en travaillant avec Benjamin Biolay sur l'album "Vue sur ..." de Salvador. Après une très belle "Disparition", elle nous revient avec un album anglais tout en délicatesse, Not Going Anywhere. Un pur bonheur.
- Cali : révélation musicale de cette rentrée, Cali a composé un album traitant d'un seul et unique thème : l'amour. Il en parle avec réalisme et humour. A découvrir.
- Wolf's Rain : série d'animation réalisée par le prolifique et talentueux Studio Bones, Wolf's Rain se situe dans un futur dont les loups auraient disparu. Pourtant, eux seuls connaîtraient le chemin vers l'Eden. Et si des loups solitaires rôdaient encore en ce monde ?
- Lene Marlin : révélation musicale de la rentrée 1999, la jeune norvégienne nous propose enfin son second album (Another Day). Les textes sont plus mâtures, la voix toujours aussi douce, bien soutenus par une musique efficace.
- 24 : dans le seconde saison de 24 (renommée 24h Chrono sur Canal +), Jack Bauer et David Palmer, devenu le premier Noir président des Etats-Unis, doivent empêcher qu'une bombe nucléaire n'explose à Los Angeles. Un compte-à-rebours tendu, avec toujours plus de rebondissement, de retournements de situations, de pression.
- Buffy The Vampire Slayer : la septième et dernière saison de Buffy sera diffusée bientôt en France. 22 derniers épisodes qui concluent en beauté la série, avec un ennemi plus redoutable que jamais. Cette saison, tout sera une question de pouvoir.
- Witch Hunter Robin : série TV de 26 épisodes produite en 2002 par Sunrise. Une ambiance prenante, un scénario intelligent.
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