16.06.04

Une avancée pour le développement des logiciels libres : SPIP-Agora [Logiciel libre]
Une version spéciale de SPIP respectant les standards de développement Web (si importants pour assurer l'accessibilité des sites Internet) vient de voir le jour [via Standblog].

Elle s'appelle AGORA (pour Architecture de Gestion de contenu à Réplication Automatisée) et a la particularité d'avoir vu son développement financé par le Service d'Information du Gouvernement. La liste des utilisateurs, présents et à venir, est impressionnante : internet.gouv.fr, forum.gouv.fr, retraites.gouv.fr, diplomatie.gouv.fr, etc.
SPIP-AGORA est un logiciel libre et montre l'engagement de l'administration pour cette philosophie.

Réjouissons-nous, c'est un grand pas pour l'essor du libre en France !

06.04.04

Le débat autour du brevet logiciel de nouveau sur le tapis [Logiciel libre, Logiciel libre]
Pendant l'année 2003, le Parlement Européen a du se prononcer sur la question épineuse d'une éventuelle brevetabilité des logiciels. Ce sujet sensible a généré des réactions particulièrement hostiles de la part des communautés de programmeurs.
La situation vient de s'aggraver car le Conseil des Ministres Européens suggère d'abandonner tous les amendements proposés par le Parlement. Un vaste mouvement de contestation s'apprête à rejaillir. De nombreux sites Internet ont ainsi décidé de fermer leur page d'accueil du 5 au 15 avril pour protester contre l'analyse des Ministres Européens. Une grande manifestation est prévue le mercredi 14 avril à Bruxelles.

Pour mieux comprendre de quoi il retourne, nous allons revenir ici sur les tenants et les aboutissants du concept de "brevet logiciel", ainsi que sur la décision du Parlement Européen d'amender le texte initial. Nous en profiterons pour mettre en évidence en quoi l'instauration d'un brevet logiciel mettrait à mal l'économie du logiciel libre.

L'origine de la brevetabilité des logiciels : les Etats-Unis

Les Etats-Unis ont depuis longtemps adopté une brevetabilité sans limite. Les règles en place en Europe sont bien différentes : en effet, il est considéré que "les méthodes mathématiques, les méthodes commerciales et les programmes d'ordinateurs ne sont pas des inventions brevetables". Au début des années 2000, sous la pression de diverses associations, plusieurs députés européens ont suggéré de remplacer la réglementation actuelle par une brevetabilité sans limite à l'américaine. Les associations qui militent en faveur des brevets logiciels sont l'Office Européen du Brevet (OEB) et la Business Software Association (BSA), association dirigée par des multinationales du secteur informatique (tels Microsoft et Adobe). Leur argument principal est que les brevets encourageraient la créativité, en permettant aux créateurs de profiter des fruits de leurs innovations.

Toutefois, de nombreuses voix se sont élevées contre le principe même de brevetabilité d'un logiciel. Les principaux opposants sont les associations de logiciel libre (telles l'AFUL ou EUROLINUX), des PME, des étudiants, mais aussi des hommes politiques de tous horizons et des professionnels du secteur.

Au sein du Parlement Européen, ce sont les Verts qui, en premier, ont mis en garde leurs collègues politiques contre les dangers d'une telle mesure. Ainsi, en mai 2003, Laurence Van De Walle, conseiller politique auprès du groupe des Verts, expliquait qu'en cas de reconnaissance de la brevetabilité des programmes informatiques, "un point de non-retour [aura] été franchi. Pour la première fois on aura décidé de breveter des idées, ce qui relève traditionnellement du droit d'auteur. [...] Demain grâce à la directive en préparation, n'importe quel détenteur de brevet pourra poursuivre en justice le créateur d'un programme qui contiendra un algorithme protégé. Pour quelque chose d'aussi simple que l'ouverture ou la fermeture d'une fenêtre dans un traitement de texte."

Les effets pervers de la brevetabilité

Reprenons l'exemple de Mme Van de Walle sur l'ouverture d'une fenêtre dans un traitement de texte : tout concepteur de traitement de texte pourrait être amené à payer des royalties au possesseur du brevet afin de pouvoir utiliser une telle fonctionnalité. L'un des aspects pervers des brevets est qu'ils permettent de breveter une idée par sa réalisation logicielle.

A ce stade de la réflexion, il est important de rappeler que les progrès en informatique sont des progrès dans le domaine de l'abstraction. Alors que les brevets traditionnels ont été conçus pour des inventions de nature physique, les brevets logiciels auraient pour objet les idées. Il deviendrait donc possible, au lieu de breveter un "type de souricière", de se réserver les droits sur tout "moyen de capture d'animaux". A partir du moment où les logiciels sont brevetables, alors tout devient brevetable.

Une autre crainte des opposants à la brevetabilité est que les brevets entraînent un nombre important de litiges juridiques. En effet, il est facile d'imaginer les problèmes posés dès qu'une fonctionnalité mise en place par un programmeur ressemblerait trop à une autre fonctionnalité déjà sous brevet. Contrairement au droit d'auteur, les brevets peuvent donc bloquer des créations indépendantes. Les brevets logiciels peuvent rendre caduque le droit de l'auteur du logiciel. En effet, il serait tout à fait possible qu'une oeuvre protégée par droit d'auteur soit en fait couverte par des centaines de brevets dont l'auteur ignore même l'existence mais pour lesquels lui et ses utilisateurs peuvent être poursuivis. Une telle évolution aurait donc pour conséquence de détourner les moyens financiers de l'innovation pour privilégier le juridique.

Différentes études ont justement été menées pour vérifier l'impact des brevets logiciels sur l'économie du secteur informatique. Il a été montré que ces brevets ont entraîné, là où ils ont été adoptés, une diminution des investissements en recherche et développement.

La conséquence la plus pernicieuse des brevets logiciels réside dans la constatation suivante : les brevets logiciels réservent l'innovation aux grandes entreprises. En effet, le dépôt d'un brevet est un processus lent et coûteux. Dans ces conditions, seules des sociétés disposant d'un important capital peuvent se le permettre.

Généralement, une fois déposés, les brevets restent dormant jusqu'à ce qu'un concurrent ne semble utiliser, dans un de ses produits, la technique brevetée. Les services juridiques se mettent alors en marche et font pression sur le concurrent. Celui-ci n'a dès lors plus que deux possibilités : soit c'est une grande entreprise qui possède elle aussi des brevets ... et, dans ce cas, un accord est généralement trouvé (de type échanges croisés de brevets) ; soit c'est une petite structure qui ne possède pas de brevet et qui se retrouve obligée de payer une licence à un coût généralement prohibitif.

Dès lors, on sent poindre le danger que font courir les brevets logiciels sur les logiciels libres. De par leur mode d'existence et de développement, les logiciels libres ne disposent pas d'une entité juridique qui puisse les représenter. Le logiciel libre ne peut donc pas payer afin d'obtenir des brevets logiciels. Les grandes multinationales qui ont fait des technologies propriétaires leur fond de commerce y voient tout leur intérêt : les brevets logiciels leur permettent un enrichissement substantiel dès qu'une autre entreprise souhaite utiliser une technique brevetée ; au passage, ils ralentissent considérablement l'essor des logiciels libres.

Les députés européens refusent (pour le moment seulement ?) la brevetabilité des logiciels

C'est le 24 septembre 2003 que les députés européens étaient appelés à s'exprimer sur le projet de directive reconnaissant la "brevetabilité des logiciels". Ils ont approuvé cette directive, mais l'ont fortement amendée. Ces amendements vont dans le sens d'un rejet manifeste de toute notion de brevetabilité des logiciels.

Le débat n'est pas pour autant terminé. En effet, de nombreux lobbies poursuivent leur action afin que l'Europe se dote d'une législation "à l'américaine". Après le vote, plusieurs personnes, à l'instar du juriste Alex Batteson, expliquaient que les députés européens avaient fait fausse route ; ces "ayatollahs" de la brevetabilité n'hésitent pas à tenir les propos suivants :
"Cela peut paraître peu démocratique, mais on peut soutenir que les amendements proposés montrent que les questions débattues sont trop complexes pour qu'on les laisse entre les mains du Parlement européen".
Après que le Parlement Européen a statué, c'est donc désormais aux ministres de l'Union Européenne en charge des questions de compétitivité de débattre de la fameuse directive. Comme on le craignait, un revirement des ministres européens semble possible, les arguments des opposants à la brevetabilité des logiciel ne paraissant pas faire le poids face aux pressions des grandes sociétés telles Apple, Bull ou Thalès ...

À travers la question des brevets, c'est finalement une discussion plus vaste qui s'est engagée, autour de la gestion des savoirs. Le débat n'est donc plus seulement informatique, mais éthique et philosophique. Et le débat autour du brevet logiciel est crucial : une telle mesure, en ce qu'elle porterait un coup fatal aux logiciels libres et, plus généralement, à l'innovation et à la création, n'est raisonnablement pas acceptable.

Bibliographie

- Article de 01Net - Le Logiciel Libre joue sa survie
- Article sur le brevet logiciel en Europe, sur l'Encyclopédie Libre Wikipedia
- Site de la Fondation pour une Infrastructure Libre de l'Information, association allemande affiliée à la FSF
- Communiqué de presse de l'APRIL, l'AFUL, et de la FSF France émis le 6 octobre 2003 : Refus de la brevetabilité du logiciel : une victoire à confirmer
- Article de ZDNet - Brevets logiciels: le Conseil de l'Union reporte toute décision avant plusieurs mois
- Non aux brevets logiciels sur le weblog de Bix.
- Site de la manifestation de protestation organisée le 14 avril 2004 à Bruxelles

13.01.04

Validité juridique des licences de logiciels libres [Logiciel libre, Logiciel libre]
Les licences libres présentent l'originalité d'inverser l'usage habituel des droits d'auteur. Alors qu'habituellement, le droit d'auteur protège un créateur en restreignant les usages que l'on peut faire de son oeuvre, il sert, dans le cadre du logiciel libre, à organiser la libre évolution future du programme (en permettant toute modification et toute redistribution).
C'est donc légitimement que se pose la question de la validité des licences libres avec la notion de droits d'auteur, telle que définie dans le cadre du Code de la Propriété Intellectuelle. Dans le cadre de la préparation de son mémoire DEA de "Droit des créations immatérielles", Mélanie Clément-Fontaine s'était penchée sur cet épineux problème en étudiant la validité juridique de la licence GPL. Elle a poursuivi ses recherches sur ce thème et a donné, par exemple, une conférence à l'Ecole Normale Supérieure de Paris en janvier 2002 dans le cadre du colloque "L'Open Source dans les Sciences humaines, Modèles ouverts de recherche et de publication sur Internet".

Il ressort de ce travail que les logiciels libres ne contreviennent pas aux règles du droit d'auteur. L'auteur d'un logiciel est a priori libre de conférer aux utilisateurs autant de libertés qu'il le souhaite. En effet, selon le Code de la Propriété Intellectuelle (CPI), l'auteur d'un logiciel a le droit d'autoriser "la reproduction permanente ou provisoire d'un logiciel en tout ou partie, par tout moyen, et sous toute forme (...) ; La traduction, l'adaptation, l'arrangement ou tout autre modification d'un logiciel et la reproduction du logiciel en résultant ; la mise sur le marché à titre onéreux ou gratuit (...)" (article L 122-6 CPI). Autrement dit, l'auteur peut donner aux utilisateurs autant de liberté qu'il l'entend. Le Code de la Propriété Intellectuelle spécifie que l'auteur ne peut pas renoncer ou céder ses droits moraux car ces derniers sont perpétuels, inaliénables et imprescriptibles (article L 121-1 CPI). Les licences concernant les logiciels libres ne vont pas à l'encontre de ces préceptes.

Elles peuvent donc bien être considérées comme valables aux yeux du Code de Propriété Intellectuelle.


Sources :
- Mémoire de DEA de Mélanie Clément-Fontaine portant sur la licence GNU GPL
- Copyleft/Open Source, Logiciel libre/Contenu libre : du pareil au même ?, très intéressant compte-rendu de la conférence donnée par Mélanie Clément-Fontaine en janvier 2002, à l'ENS de Paris, dans le cadre du colloque "L'Open Source dans les Sciences humaines, Modèles ouverts de recherche et de publication sur Internet".
- Bref propos relatif à la valeur juridique de la GNU GPL par Mélanie Clément-Fontaine

08.01.04

Différentes licences de logiciels libres [Logiciel libre, Logiciel libre]
Il convient de distinguer les licences libres sous copyleft de celles qui ne se préoccupent pas de cette notion. Parmi les licences libres englobant le copyleft, citons la licence GNU General Public License (GPL), la GNU Lesser General Public License (anciennement connue sous le nom Library General Public License) ou encore la GNU Free Documentation License (FDL).
Il existe par ailleurs de très nombreuses licences libres non-copyleftées. C'est le cas de la Berkeley System Design License (BSD), la Netscape Public License ou encore la X11 License. Arrêtons-nous sur quelques-unes des licences les plus connues.

Licence GNU General Public License/Licence Publique Générale GNU) ou GNU GPL
La licence libre GPL a été mise au point par la Free Software Foundation. Elle met en avant les quatre libertés fondamentales des logiciels libres tout en englobant la notion de copyleft. Autrement dit, un logiciel dérivé d'un programme placé sous GPL tombera nécessairement sous le coup de la licence GPL.
D'après les termes de la licence, un utilisateur qui souhaiterait intégrer un logiciel sous GPL dans un ensemble libre mais soumis à des conditions différentes doit obtenir l'autorisation de l'auteur. Ainsi, il n'est pas possible d'intégrer un logiciel sous GPL dans un ensemble propriétaire.

En pratique, pour placer le code d'un programme sous licence GPL, il faut, dans chaque fichier source, inclure en commentaires une ligne de copyright "Copyright 2003 Nom du Programmeur" (à mettre à jour en fonction de l'année d'écriture du programme) et une déclaration sur les droits de copie précisant que le programme est distribué sous les termes de la Licence Publique Générale GNU. De plus, il faut ajouter, avec les fichiers sources, un fichier COPYING contenant le texte anglais de la licence GPL.

En effet, légalement parlant, seule la version anglaise spécifie les conditions de distribution propres à la licence GPL. Il n'existe pas de traductions officielles de la GPL car la FSF estime qu'il serait trop coûteux, aussi bien en temps qu'en argent, de vérifier que chaque traduction est conforme à l'esprit initial de la GPL, tout en respectant les spécificités légales de chaque pays (il en est de même pour les licences GNU LGPL et GNU FDL).
Il est possible de trouver des traductions de la licence GPL, pour permettre au plus grand nombre de comprendre sa philosophie. Toutefois ces traductions n'ont aucune valeur juridique ; elles n'existent qu'à des fins pédagogiques. Ainsi une version française est disponible sur le site de l'APRIL.

Licence GNU Lesser General Public License/ Licence Publique Générale GNU Amoindrie (anciennement GNU Library General Public License) ou GNU LGPL
La licence GNU LGPL est une licence moins stricte que la licence GNU GPL. En effet, un programme sous licence LGPL peut être utilisé comme module d'un logiciel propriétaire, ce qui n'est pas le cas de la licence GPL. Aux yeux d'un programmeur, utiliser une licence LGPL est attirant car un logiciel sous LGPL pourra disposer d'une visibilité plus importante (le logiciel pouvant servir aussi bien à bâtir un système libre qu'un système propriétaire).
Les partisans du logiciel libre souhaitent que les recours à la licence LGPL soit les plus rares possibles ; ils pronent plutôt l'usage de la licence GPL ordinaire.

Licence GNU Free Documentation License (FDL)
La licence GNU FDL a été conçue pour être l'équivalent de la licence GNU GPL, mais dans le domaine des manuels ou des livres. Elle permet d'assurer la liberté de copier et de redistribuer un livre ou un manuel, avec ou sans modifications, de façon commerciale ou non.

Licence Berkeley System Design License (BSD)
La licence BSD permet la libre utilisation, modification et redistribution du code. Contrairement à la licence GNU GPL, elle ne comporte pas de notion de copyleft ; autrement dit, il est possible de modifier les règles de distribution d'un logiciel construit sur une souche BSD. Une entreprise peut donc transformer un programme sous BSD en logiciel propriétaire.


Sources :
- Explication détaillée et indispensable sur la mise en place pratique de la licence GPL, sur le site du projet GNU
- Licence officielle GNU GPL, en anglais
- Licence officielle GNU LGPL, en anglais
- Licence officielle GNU FDL, en anglais
- Traduction française (non officielle) de la licence GNU GPL
- Traduction française (non officielle) de la licence GNU FDL

04.01.04

La notion de copyleft [Logiciel libre, Logiciel libre]
Après avoir présenté la philosophie du logiciel libre, nous pouvons désormais introduire les différentes licences qui y sont associées. Il est notamment un concept que nous ne pouvons passer sous silence, celui de copyleft. Il a été mis au point par Richard M. Stallman afin d'assurer qu'un logiciel libre ne se transforme pas en logiciel propriétaire suite aux agissements de sociétés informatiques peu scrupuleuses. Nous commencerons donc par définir le copyleft. Dans de prochains billets, nous nous pencherons sur quelques licences de logiciel libre, notamment la fameuse licence GPL pour enfin aborder la question de la validité juridique de telles licences.

La définition de logiciel libre n'interdit, en elle-même, aucune restriction des libertés d'utilisation/distribution/modification en cas de redistribution d'un programme. Autrement dit, partant d'un logiciel libre mis à disposition de tous, une société informatique pourrait en faire un logiciel propriétaire et en cacher, par exemple, le code source. Ceux qui recevront le programme dans cette forme n'auront plus accès aux libertés qu'avait souhaité l'auteur original.

C'est ce constat qui a poussé Richard M. Stallman à trouver un moyen d'assurer que l'utilisateur puisse avoir les mêmes libertés quelle que soit la distribution d'un logiciel libre qu'il utilise. Il a alors conçu le copyleft (ou gauche d'auteur), terme qui détourne le mot copyright garantissant habituellement le droit d'auteur.

En mettant son logiciel libre sous copyleft, l'auteur de celui-ci est sûr de donner à tous les utilisateurs la liberté de redistribuer et de modifier le logiciel. Aucun intermédiaire ne peut alors plus enlever cette liberté.

Techniquement, pour mettre un logiciel sous copyleft, il faut le déclarer sous copyright en précisant les conditions de distribution, de modification et de redistribution du code (du programme et de tous les programmes dérivés) propres aux logiciels libres (cf. les quatre libertés fondamentales détaillées dans le rapport précédent) en insistant sur le fait que les conditions de distribution doivent demeurer inchangées. Par ce biais, le code et ses libertés deviennent légalement indissociables.

Source principale :
Explication détaillée et indispensable de ce qu'est le copyleft sur le site du projet GNU

09.12.03

Différentes catégories de logiciels [Logiciel libre, Logiciel libre]
Pour finir cette introduction (et pour lever toute ambiguïté), nous allons mettre en évidence les différentes catégories de logiciel et leurs différences avec le logiciel libre.

Les logiciels libres
Nous avons vu précédemment la définition exacte de ce type de programmes. Le terme anglais, "free software", est ambigu car "free" signifie tout aussi bien "libre" que "gratuit". Or un logiciel libre peut être payant. "Free" se rapporte en fait à la liberté d'utilisation, et non à l'idée de gratuité.

Les logiciels Open Source
Les critères propres à l'Open Source sont moins restrictifs que ceux du logiciel libre.
Le qualificatif Open Source repose, quant à lui, sur neuf critères énoncés par l'Open Source Initiative :
- Libre redistribution
- Garantir l'accès au code source
- La licence doit autoriser les modifications et les travaux dérivés, et leur distribution sous les mêmes conditions que celles qu'autorise la licence du programme original.
- La distribution de logiciel construit à partir du code source modifié doit être autorisée.
- Pas de discrimination entre les personnes ou les groupes
- Pas de discrimination entre les domaines d'application
- La redistribution du logiciel ne doit pas être soumise à des exigences supplémentaires par rapport à la licence initiale.
- Les droits attachés au programme ne doivent pas dépendre du fait que le programme fait partie d'une distribution logicielle spécifique.
- La licence ne doit pas apposer de restrictions sur d'autres logiciels distribués avec le programme qu'elle couvre.

Les logiciels du domaine public
"Domaine public" est un concept légal qui signifie que les logiciels en question ne sont pas soumis au copyright. Il ne s'agit pas de logiciels libres car un logiciel peut être dans le domaine public sans que le code source ne soit disponible.

Les logiciels copyleftés (sous gauche d'auteur)
Une des préoccupations de Richard M. Stallman a été d'instituer des conditions de distribution qui empêcheraient de transformer un logiciel libre en logiciel propriétaire. C'est ainsi que le copyleft est né ; il consiste à utiliser les lois du copyright de manière non pas à privatiser le logiciel, mais à le laisser libre. Chaque copie d'un logiciel libre sous copyleft est donc un logiciel libre, même si le code source a été modifié. Nous présenterons plus en détails cette notion dans notre prochain rapport.

Les logiciels libres non copyleftés
Un logiciel libre non-copylefté est diffusé avec la permission de le redistribuer et de le modifier, mais aussi d'y ajouter d'autres restrictions. Ainsi un logiciel libre non-copylefté peut être redistribué sous forme de programme propriétaire.

Les logiciels semi-libres
Un logiciel semi-libre est un logiciel non-libre, mais qui s'accompagne de la permission pour les personnes physiques de l'utiliser, de le copier, de le distribuer, et de le modifier dans un but non lucratif.
Une entreprise ne dispose donc pas de la permission de copier ou de distribuer un logiciel semi-libre. La distribution commerciale de logiciels semi-libres est donc elle aussi impossible.

Les logiciels propriétaires
L'utilisation, la redistribution ou la modification d'un logiciel propriétaire sont interdites, ou sont l'objet de multiples restrictions. L'accès au code source est généralement impossible.

Les freeware (à ne pas confondre avec "free software" !)
Il s'agit généralement de logiciels gratuits pour lesquelles la redistribution est autorisée, mais pas la modification. Il ne s'agit pas de logiciels libres !

Les shareware (ou partagiciels)
Un shareware est un logiciel qui s'accompagne de la permission de redistribuer des copies, mais toute personne qui continue à en utiliser une copie doit payer des royalties. Il ne s'agit pas de logiciels libres.

Les logiciels commerciaux
Un logiciel commercial est un logiciel développé par une entreprise dans le but de gagner de l'argent. Il convient de ne pas confondre "commercial" et "propriétaire". Beaucoup de logiciels commerciaux sont propriétaires, mais il existe des logiciels libres commerciaux, tout comme des logiciels non-commerciaux et non-libres. Les néophytes pensent souvent, à tort, que mêler un aspect commercial avec le logiciel libre est impossible. Certaines sociétés à la manière de Red Hat, SuSE ou Mandrake Software se sont développés en faisant du logiciel libre leur fond de commerce : elles les assemblent pour proposer des solutions adaptées aux besoins des entreprises (et éventuellement des particuliers) et les vendent en proposant des documentations complètes ainsi que des services payants d'assistance technique.

Sources :
- Présentation synthétique de Richard M. Stallman
- Historique du projet GNU
- Définition complète du logiciel libre sur le site du projet GNU
- Les différences entre le concepts de "logiciel libre" et d'"Open Source"
- La définition d'Open Source par l'Open Source Initiative
- Définition et commentaires autour de la notion d'Open Source
- Très bonne présentation des concepts de logiciel libre, Open Source, copyleft
- Quelques exemples de logiciels libres donnés sur le site de l'April
- Une très intéressante présentation des différentes catégories de logiciels sur le site du projet GNU.

21.11.03

La philosophie du logiciel libre [Logiciel libre, Logiciel libre]
Voici la définition donnée par Richard M. Stallman du concept de logiciel libre :
"L'expression "Logiciel libre" fait référence à la liberté pour les utilisateurs d'exécuter, de copier, de distribuer, d'étudier, de modifier et d'améliorer le logiciel. Plus précisément, elle fait référence à quatre types de liberté pour l'utilisateur du logiciel :
- La liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0).
- La liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à vos besoins (liberté 1). Pour ceci l'accès au code source est une condition requise.
- La liberté de redistribuer des copies, donc d'aider votre voisin, (liberté 2).
- La liberté d'améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté (liberté 3). Pour ceci l'accès au code source est une condition requise."

Pour constituer un logiciel libre, un programme doit garantir ces quatre libertés.

Evoquons quelques-unes des conséquences de ces libertés pour un logiciel libre :
- L'utilisateur est libre d'en redistribuer des copies, avec ou sans modification, gratuitement ou non, à tout le monde, partout, sans en demander la permission à quiconque.
- L'utilisateur est libre de faire des modifications et de les utiliser à titre personnel ou professionnel sans en mentionner l'existence. Il est libre de publier ces modifications sans prévenir quiconque.
- L'accessibilité du code source est une condition requise pour un logiciel libre (afin d'assurer la liberté d'effectuer des modifications).
- ...

Il est important de préciser que "logiciel libre" ne signifie pas "non commercial". Autrement dit, un utilisateur peut obtenir une copie d'un logiciel libre gratuitement ou en payant. Toutefois, quel que soit le moyen par lequel il se l'est procuré, il a toujours la liberté de le copier, de le modifier et même d'en vendre des copies.

Les logiciels libres s'imposent, par leur qualité, dans de nombreux domaines. Citons quelques-uns des programmes qui ont déjà fait leurs preuves :
- Linux, le noyau du système GNU/Linux
- Le serveur web Apache
- Gimp, logiciel de création d'images bitmap
- PostgreSQL, base de données relationnelle

19.11.03

Petit historique du logiciel libre [Logiciel libre, Logiciel libre]
C'est dans les années 1970 que l'idée de logiciel libre a commencé à naître dans l'esprit de plusieurs universitaires américains. Il faudra toutefois attendre 1984 pour qu'une action d'envergure, visant tout autant à définir qu'à promouvoir le logiciel libre, voit le jour.
1984, c'est la date à laquelle Richard M. Stallman, alors chercheur au laboratoire d'intelligence artificielle du MIT, lance le projet GNU : celui-ci consiste à créer un système d'exploitation libre et complet. Nous reviendrons sur la définition de "libre" alors introduite par Richard M. Stallman.

La petite histoire veut que ce soit les pilotes des imprimantes du MIT qui aient sensibilisé M. Stallman au problème inhérent aux logiciels propriétaires. En effet, pendant longtemps, les chercheurs du MIT auraient eu une imprimante qui tombait souvent en panne. Mais comme ils disposaient du code source du pilote, ils avaient pu modifier le programme de sorte que l'imprimante leur envoie un signal à chaque panne. Toutefois, un beau jour, cette imprimante fut remplacée par une machine Xerox beaucoup plus performante ... mais dont la source du pilote n'était pas fournie. Richard M. Stallman se rend alors dans un laboratoire qui était sensé disposer des sources du-dit pilote, mais on refusa de les lui donner, le laboratoire s'étant engagé à ne pas les diffuser. M. Stallman y vit une forme d'agression, et il décida alors de partir en croisade contre la logique "propriétaire" qui commençait à s'imposer.

En 1985, Richard M. Stallman crée une association à but non lucratif, la Free Software Foundation afin de fournir la logistique et le support légal et financier au projet GNU. La FSF finance aussi des développeurs pour contribuer au projet GNU, la plus grosse partie du projet étant néanmoins réalisée par des volontaires.

En 1990, le système GNU est presque terminé ; il lui manque seulement le noyau. En 1991, le noyau libre Linux développé par Linus Torvalds voit le jour. Et, en 1992, le rapprochement entre Linux et le système GNU donne naissance à un système d'exploitation libre et complet qui constitue une bonne alternative au logiciel propriétaire UNIX. Etant donnés les circonstances, certains estiment que Linux devraient plutôt s'appeler GNU/Linux (Richard M. Stallman avait même proposé Lignux). Il faut dire que les querelles entre les partisans d'une ligne dure en faveur du logiciel libre et les adeptes de plus de flexibilité font rage.

C'est dans ce contexte qu'est née, en 1997-98, l'Open Source Initiative, association pour la promotion de l'Open Source. Elle en a clairement défini les conditions dans un texte qui impose huit critères pour qu'un logiciel soit Open Source. Les défenseurs de l'Open Source se veulent tolérants quant aux libertés qui doivent être laissées aux utilisateurs ; ils estiment ainsi que le développeur est en droit de garder un contrôle sur sa création.

Sources :
Présentation synthétique de Richard M. Stallman
Historique du projet GNU
Les différences entre le concepts de "logiciel libre" et d'"Open Source"
Définition et commentaires autour de la définition d'Open Source
Très bonne présentation des concepts de logiciel libre, Open Source, copyleft

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