18.01.04
Violence des Echanges en Milieu Tempéré, de Jean-Marc Moutout [Cinéma]
Il faut savoir que, dans mon école, nous avons environ 25h de Communication chaque année.
Je sors justement du "séminaire" de Comm' de troisième année qui s'est étalé sur la semaine. L'enseignement se faisait autour de trois pôles : le management des relations humaines, la gestion des conflits et la conduite de réunions.
Nous avons effectué plusieurs jeux de rôle, mettant en scène notamment des restructurations de production ou des situations de rachat d'une entreprise par une autre société. En groupes, nous devions discuter de plans d'action en tenant compte des informations qui nous étaient fournies. Par exemple :
Ces travaux faisaient ressortir nettement les mentalités de chacun. Ainsi quelques-uns n'hésitaient pas à "couper des têtes" et à faire des plans sociaux à tour de bras. Ce sont notamment ceux qui souhaitent, à la sortie de l'école, s'orienter dans le management et le consulting qui adoptaient ce comportement.
Cette même semaine est sorti au cinéma le très bon Violence des échanges en milieu tempéré de Jean-Marc Moutout. Ce film nous présente les premiers pas de Philippe, jeune diplômé, au sein de Mac Gregor, un gros cabinet en consulting pour les entreprises.
Pour sa première mission, il est encadré par le partner le plus efficace de la boîte, Hugo Paradis. Leur objectif est de préparer le rachat d'une usine provinciale par un grand groupe suédois (avec compression des effectifs à la clef). Sauf que pour exercer ce métier, mieux vaut laisser ses scrupules au vestiaire ; c'est ce que va apprendre bien vite notre cher Philippe. Surtout qu'il vit une histoire naissante avec Eva, une jeune mère célibataire, qui travaille comme intérimaire. Et Eva n'hésite pas à le mettre face à ses contradictions.
Violence des échanges en milieu tempéré, c'est la plongée mortelle dans l'univers des gens biens sous tous rapports, des BMW, des costumes-cravates nickels pour les hommes, des tailleurs pour les femmes, de l'organisation des restructurations, des entretiens d'évaluation et d'un langage qui n'a plus les pieds sur terre. Car ce que les gens "normaux" appellent "plan social", eux l'appellent "amélioration permanente de la performance et de la rentabilité". Hugo Paradis, le mentor de Philippe, appelle les ouvriers des "tocards" et traite de lopette celui qui a des scrupules à licencier.
Le fait est - et cette réflexion ne date pas d'hier, mais plutôt des premiers cours de ressources humaines que j'ai suivis il y a plus de deux ans - que je ne suis pas convaincu que nos écoles françaises ne forment pas ce type de managers. Certains intervenants industriels pourraient très bien avoir formé Hugo Paradis. En outre, ces jeux de rôle sensés enseigner les fonctions d'encadrement ont des effets pervers dont le plus notable est la déshumanisation de ce qu'on appelle les "ressources humaines".
Violence des échanges en milieu tempéré est une réussite car il évite d'être un brûlot politique. C'est une simple immersion dans un univers qui, pour beaucoup, est obscur. Ce pourrait presque être un documentaire tant Jean-Marc Moutout filme sans effet superflu, sans exagération. Passionnant. Et terriblement effrayant.
Je sors justement du "séminaire" de Comm' de troisième année qui s'est étalé sur la semaine. L'enseignement se faisait autour de trois pôles : le management des relations humaines, la gestion des conflits et la conduite de réunions.
Nous avons effectué plusieurs jeux de rôle, mettant en scène notamment des restructurations de production ou des situations de rachat d'une entreprise par une autre société. En groupes, nous devions discuter de plans d'action en tenant compte des informations qui nous étaient fournies. Par exemple :
"Raymonde et Claire ont 15 ans d'ancienneté, elles sont très routinières. Raymonde est peu soignée de sa personne et son apparence ne vous semble pas conforme à l'image de l'entreprise. Claire a une bonne présentation, mais arrive souvent en retard. Lucie, jeune vendeuse dynamique, est ravie des changements de politique commerciale et de collection, elle est ambitieuse et espère être nommée première vendeuse. Etc."
Ces travaux faisaient ressortir nettement les mentalités de chacun. Ainsi quelques-uns n'hésitaient pas à "couper des têtes" et à faire des plans sociaux à tour de bras. Ce sont notamment ceux qui souhaitent, à la sortie de l'école, s'orienter dans le management et le consulting qui adoptaient ce comportement.
Cette même semaine est sorti au cinéma le très bon Violence des échanges en milieu tempéré de Jean-Marc Moutout. Ce film nous présente les premiers pas de Philippe, jeune diplômé, au sein de Mac Gregor, un gros cabinet en consulting pour les entreprises.
Pour sa première mission, il est encadré par le partner le plus efficace de la boîte, Hugo Paradis. Leur objectif est de préparer le rachat d'une usine provinciale par un grand groupe suédois (avec compression des effectifs à la clef). Sauf que pour exercer ce métier, mieux vaut laisser ses scrupules au vestiaire ; c'est ce que va apprendre bien vite notre cher Philippe. Surtout qu'il vit une histoire naissante avec Eva, une jeune mère célibataire, qui travaille comme intérimaire. Et Eva n'hésite pas à le mettre face à ses contradictions.
Violence des échanges en milieu tempéré, c'est la plongée mortelle dans l'univers des gens biens sous tous rapports, des BMW, des costumes-cravates nickels pour les hommes, des tailleurs pour les femmes, de l'organisation des restructurations, des entretiens d'évaluation et d'un langage qui n'a plus les pieds sur terre. Car ce que les gens "normaux" appellent "plan social", eux l'appellent "amélioration permanente de la performance et de la rentabilité". Hugo Paradis, le mentor de Philippe, appelle les ouvriers des "tocards" et traite de lopette celui qui a des scrupules à licencier.
Le fait est - et cette réflexion ne date pas d'hier, mais plutôt des premiers cours de ressources humaines que j'ai suivis il y a plus de deux ans - que je ne suis pas convaincu que nos écoles françaises ne forment pas ce type de managers. Certains intervenants industriels pourraient très bien avoir formé Hugo Paradis. En outre, ces jeux de rôle sensés enseigner les fonctions d'encadrement ont des effets pervers dont le plus notable est la déshumanisation de ce qu'on appelle les "ressources humaines".
Violence des échanges en milieu tempéré est une réussite car il évite d'être un brûlot politique. C'est une simple immersion dans un univers qui, pour beaucoup, est obscur. Ce pourrait presque être un documentaire tant Jean-Marc Moutout filme sans effet superflu, sans exagération. Passionnant. Et terriblement effrayant.
10.01.04
Lost in Translation, de Sofia Coppola [Cinéma]
Le scénario. Ce qui aurait pu n'être qu'une énième variation autour du thème "Elle, Lui, deux êtres si différents, mais tous deux en proie au doute deux regards qui se croisent" s'avère une merveille de sensibilité.
Le choix du lieu, Tôkyô, non pour un quelconque dépaysement romantique, mais parce que le Japon bouscule les repères des personnages occidentaux.
Le travail sur la BO. Et cette si belle séquence au karaoké.
Les acteurs, bien sûr. Bill Murray, parfait dans la peau de cet acteur en proie aux doutes alors que la vie avance. Scarlett Johansson (déjà aperçue dans L'Homme qui Murmurait à l'Oreille des Chevaux et Ghost World), exquise et troublante.
La réalisation de Sofia Coppola. Des plans et des regards qui en disent plus longs que les pages de dialogues ou les étreintes charnelles infligées aux spectateurs dans tant de films.
Quelques petites faiblesses ou clichés évitables, mais bien vite pardonnés au vu du (très) haut-niveau de l'ensemble.
Au final, le film le plus réjouissant de ces derniers mois (de ces dernières années ?).
Le choix du lieu, Tôkyô, non pour un quelconque dépaysement romantique, mais parce que le Japon bouscule les repères des personnages occidentaux.
Le travail sur la BO. Et cette si belle séquence au karaoké.
Les acteurs, bien sûr. Bill Murray, parfait dans la peau de cet acteur en proie aux doutes alors que la vie avance. Scarlett Johansson (déjà aperçue dans L'Homme qui Murmurait à l'Oreille des Chevaux et Ghost World), exquise et troublante.
La réalisation de Sofia Coppola. Des plans et des regards qui en disent plus longs que les pages de dialogues ou les étreintes charnelles infligées aux spectateurs dans tant de films.
Quelques petites faiblesses ou clichés évitables, mais bien vite pardonnés au vu du (très) haut-niveau de l'ensemble.
Au final, le film le plus réjouissant de ces derniers mois (de ces dernières années ?).
07.12.03
Kill Bill de Quentin Tarantino [Cinéma]
Kill Bill, c'est : une tuerie/du plaisir à l'état pur/l'apogée de la culture pop/le nouveau jouet hype d'un réalisateur décidément bien doué/à voir absolument !
Kill Bill ou l'oxymore faite film : une épure qui baigne dans l'excès tant dans la structure narrative, la mise en scène ou l'excellente bande-sonore. Jouissif.
Kill Bill ou l'oxymore faite film : une épure qui baigne dans l'excès tant dans la structure narrative, la mise en scène ou l'excellente bande-sonore. Jouissif.
16.11.03
Zatoichi, de KITANO Takeshi [Cinéma]
Le premier film "d'époque" de KITANO est une franche réussite. Plus accessible que certaines de ses oeuvres précédentes (notamment le récent Dolls, splendide mais peut-être un peu cryptique pour le spectateur occidental), plus populaire, mais pas moins enthousiasmant.
Un rythme soutenu. Une histoire qui ne cède pas à la facilité. Un travail passionant sur la musique (mention spéciale au spectacle final de claquettes !). A voir !
Un rythme soutenu. Une histoire qui ne cède pas à la facilité. Un travail passionant sur la musique (mention spéciale au spectacle final de claquettes !). A voir !
11.11.03
Elephant, de Gus Van Sant [Cinéma]
Voilà déjà plus de vingt-quatre heures que je suis allé voir Elephant, et je suis toujours incapable de formuler un avis sur ce film.
Très intéressant travail au niveau de la forme.
Sur le fond, je suis partagé entre un "à quoi bon ?" et un "il n'y a pas à dire : ça fait réfléchir".
Très intéressant travail au niveau de la forme.
Sur le fond, je suis partagé entre un "à quoi bon ?" et un "il n'y a pas à dire : ça fait réfléchir".
20.10.03
Chantre de l'intellectualisme parisianniste [Cinéma]
La critique que Louis Skorecki a fait de L'Auberge Espagnole, dans Libération du 15 octobre 2003, m'inspire des sentiments contradictoires.
D'un côté, force est de reconnaître le talent du journaliste qui propose ici un article jubilatoire pour tous les anti-Klapish du monde entier. Louis Skorecki manipule la plume avec talent :
Le fait est que je ne me situe pas du côté des anti-Klapish. A vrai dire, je ne suis ni particulièrement fan de son cinéma, ni profondément choqué par ses oeuvres. Et je n'ai pas pris L'Auberge Espagnole en grippe, n'en déplaise à certains.
Klapish, Field ... Tous dans le même sac. On se demande ce qu'une diatribe contre Field dans ta chambre vient faire dans un texte sur L'Auberge Espagnole. Mais bon, passons, j'imagine que M.Skorecki a malencontreusement zappé sur l'émission de Michel Field tandis qu'il écrivait son papier pour Libération :
Au final, cet article est tellement excessif qu'il échoue, à mon sens, dans sa tentative de torpillage du cinéma de Klapish. Ce billet me rappelle toutefois certains papiers trouvés dans Les Inrockuptibles ou Télérama.
En ce sens, il est symptomatique de l'aspiration à une bienpensance messianique de la part de certains critiques ciné "en vue".
D'un côté, force est de reconnaître le talent du journaliste qui propose ici un article jubilatoire pour tous les anti-Klapish du monde entier. Louis Skorecki manipule la plume avec talent :
"L'abjection ordinaire du cinéma français porte un nom, Klapisch. L'hystérie familiale de Doillon ou le lyrisme couche-culotte de Pascal Thomas sentent moins mauvais. Plus encore que les précédentes balades de Klapisch au pays des voisins et des voisines, l'Auberge espagnole témoigne de l'alignement systématique du cinéma d'auteur sur la pire télévision, celle qui, à défaut de faire débat (moral, esthétique, politique), vit des effets de débat, des effervescences de sens, des sinistres effets de réalité[...]"
Le fait est que je ne me situe pas du côté des anti-Klapish. A vrai dire, je ne suis ni particulièrement fan de son cinéma, ni profondément choqué par ses oeuvres. Et je n'ai pas pris L'Auberge Espagnole en grippe, n'en déplaise à certains.
Klapish, Field ... Tous dans le même sac. On se demande ce qu'une diatribe contre Field dans ta chambre vient faire dans un texte sur L'Auberge Espagnole. Mais bon, passons, j'imagine que M.Skorecki a malencontreusement zappé sur l'émission de Michel Field tandis qu'il écrivait son papier pour Libération :
"[...]Le succès public de l'Auberge espagnole, c'est aussi celui du libidineux Michel Field. Jeunisme touristique chez Klapisch, jeunisme littéraire du côté de Field dans ta chambre, manifestation de la pornographie la plus ordinaire, celle qui fait mine de n'y être pour personne (avec cheveux trop bien lavés, dents trop blanches, vieillard trop vieux).[...]"
Au final, cet article est tellement excessif qu'il échoue, à mon sens, dans sa tentative de torpillage du cinéma de Klapish. Ce billet me rappelle toutefois certains papiers trouvés dans Les Inrockuptibles ou Télérama.
En ce sens, il est symptomatique de l'aspiration à une bienpensance messianique de la part de certains critiques ciné "en vue".
16.10.03
Flash Ciné [Cinéma]
Jeux d'Enfants : oeuvre française de Yann Samuel, avec Marion Cotillard et Guillaume Canet. Depuis des années, deux enfants jouent à "t'es cap, t'es pas cap ?". Mais quand on a vingt ans, l'amitié devient plus ambiguë. Peut-on alors continuer à pratiquer le même jeu que celui de l'enfance ?
Ce film bénéficie d'un bouche-à-oreille très positif. Je me demande encore pourquoi. Si vous êtes en manque de rêveries romantiques, ressortez le DVD d'Amélie Poulain, ça vaudra mieux.
Hero : film chinois de Zhang Yimou, dans la lignée de Tigre et Dragon d'Ang Lee. Deux siècles avant Jésus-Christ, l'empereur Kin projette de conquérir les royaumes voisins afin d'unifier la Chine. Mais des assassins aimeraient bien le voir tomber. Sans-nom, préfet d'une petite province, et maître à l'épée, en a tué trois. Son exploit lui vaut d'être reçu par Kin afin de raconter comment il s'est débarrassé d'hommes si dangereux.
Oeuvre sympathique, très belle esthétiquement parlant. Peut-être un brin plus faible que Tigre et Dragon, mais il s'en dégage un parfum enivrant.
Ce film bénéficie d'un bouche-à-oreille très positif. Je me demande encore pourquoi. Si vous êtes en manque de rêveries romantiques, ressortez le DVD d'Amélie Poulain, ça vaudra mieux.
Hero : film chinois de Zhang Yimou, dans la lignée de Tigre et Dragon d'Ang Lee. Deux siècles avant Jésus-Christ, l'empereur Kin projette de conquérir les royaumes voisins afin d'unifier la Chine. Mais des assassins aimeraient bien le voir tomber. Sans-nom, préfet d'une petite province, et maître à l'épée, en a tué trois. Son exploit lui vaut d'être reçu par Kin afin de raconter comment il s'est débarrassé d'hommes si dangereux.
Oeuvre sympathique, très belle esthétiquement parlant. Peut-être un brin plus faible que Tigre et Dragon, mais il s'en dégage un parfum enivrant.
24.04.02
La Repentie [Cinéma]
Aujourd'hui, une rude tâche se présente à moi : comment vais-je pouvoir vous parler de La Repentie sans vous plonger dans un ennui comparable à celui qui m'a saisi devant ce film ?
Pour commencer, sachez que La Repentie pourrait s'appeler "Adjani strikes back". Car cette chère, si chère Isabelle vampirise l'écran. C'est voulu. Mais quand vous avez du mal à supporter cette actrice française, déjà, vous êtes face à un gros problème pour trouver du plaisir dans cette réalisation de Laetitia Masson. Vous croyez que j'exagère quand je dis que La Repentie est dédiée uniquement à la gloire d'Adjani, à son "grand retour" (sic) après 7 ans d'absence ? Eh bien, je vous lis le casting : Isabelle Adjani (Charlotte), Sami Frey (Paul), Samy Naceri (Karim), Aurore Clément (la femme blonde). Non, vous n'hallucinez pas : le quatrième personnage "le plus important" est seulement désigné par un laconique "la femme blonde". D'ailleurs, cette femme, on doit la voir 4 minutes en tout et pour tout. Quant à Samy Naceri, son sort n'est guère meilleur : il apparaît à l'écran une petite dizaine de minutes.
Oh, mais j'en oublie d'évoquer l'histoire ... Une histoire faites de moult longueurs qui ne servent qu'à une chose : faire un éloge visuel de la beauté d'Adjani. Charlotte est une femme sortant de nulle part, traînant sa valise. Elle veut se rendre à Nice. Dans ses pas, un homme inquiétant, Karim. Désirerait-il la tuer ? Charlotte arrive à Nice, elle veut trouver un emploi dans les grandes enseignes du luxe. Bien sûr, sans aucune référence, elle est refusée partout. Dans un hôtel luxueux, elle va faire la connaissance de Paul, un homme au regard sombre. Il lui propose de devenir sa dame de compagnie. Elle accepte. Une étrange relation se bâtit entre cet homme et cette femme, deux êtres hantés par leur passé. Y a-t-il une place pour demain ?
Si l'histoire est séduisante, elle est complètement grevée par les défauts cités plus haut : longueurs, omniprésence d'Adjani dans chaque plan, etc. J'ai rarement vu un film ayant aussi peu de densité narrative. Le film aurait pu ne durer qu'une heure et demi. Il en fait deux heures cinq. C'est dommage, c'est très dommage. Car il y avait quelques bonnes idées, notamment dans certains cadrages bien pensés, ou dans l'utilisation de la musique. Mais on ne peut centrer un film complet sur une seule actrice, aussi "légendaire" soit-elle, sans en payer le prix.
Je vais finir en transformant cette critique en texte dont vous êtes le héros :
- si vous vouez un culte à Isabelle Adjani, si votre chambre est tapissée de posters d'elle, si vous ne viviez plus que pour le jour où elle serait de retour : je suis sûr que vous êtes déjà allé voir le film quatre fois. Vous en reprendrez donc bien une petite tranche ?
- si vous exécrez Isabelle Adjani : pas de doute, n'y allez pas ! Votre copain/copine souhaite vous y traîner de force ? Alors, réfléchissez bien à votre décision ;-)
- si Isabelle Adjani vous laisse indifférent(e) : vous faites comme vous voulez. La Repentie n'est pas foncièrement mauvais. Si vous recherchez un film plus contemplatif, moins américain que ce que vous avez l'habitude de voir, La Repentie peut être un bon choix. Messieurs mes lecteurs, vous vous apprêtez à inviter une amie chère au cinéma ? Proposez-lui La Repentie plutôt que Resident Evil ! Ce sera mieux pour votre côte de popularité ;-)
Pour commencer, sachez que La Repentie pourrait s'appeler "Adjani strikes back". Car cette chère, si chère Isabelle vampirise l'écran. C'est voulu. Mais quand vous avez du mal à supporter cette actrice française, déjà, vous êtes face à un gros problème pour trouver du plaisir dans cette réalisation de Laetitia Masson. Vous croyez que j'exagère quand je dis que La Repentie est dédiée uniquement à la gloire d'Adjani, à son "grand retour" (sic) après 7 ans d'absence ? Eh bien, je vous lis le casting : Isabelle Adjani (Charlotte), Sami Frey (Paul), Samy Naceri (Karim), Aurore Clément (la femme blonde). Non, vous n'hallucinez pas : le quatrième personnage "le plus important" est seulement désigné par un laconique "la femme blonde". D'ailleurs, cette femme, on doit la voir 4 minutes en tout et pour tout. Quant à Samy Naceri, son sort n'est guère meilleur : il apparaît à l'écran une petite dizaine de minutes.
Oh, mais j'en oublie d'évoquer l'histoire ... Une histoire faites de moult longueurs qui ne servent qu'à une chose : faire un éloge visuel de la beauté d'Adjani. Charlotte est une femme sortant de nulle part, traînant sa valise. Elle veut se rendre à Nice. Dans ses pas, un homme inquiétant, Karim. Désirerait-il la tuer ? Charlotte arrive à Nice, elle veut trouver un emploi dans les grandes enseignes du luxe. Bien sûr, sans aucune référence, elle est refusée partout. Dans un hôtel luxueux, elle va faire la connaissance de Paul, un homme au regard sombre. Il lui propose de devenir sa dame de compagnie. Elle accepte. Une étrange relation se bâtit entre cet homme et cette femme, deux êtres hantés par leur passé. Y a-t-il une place pour demain ?
Si l'histoire est séduisante, elle est complètement grevée par les défauts cités plus haut : longueurs, omniprésence d'Adjani dans chaque plan, etc. J'ai rarement vu un film ayant aussi peu de densité narrative. Le film aurait pu ne durer qu'une heure et demi. Il en fait deux heures cinq. C'est dommage, c'est très dommage. Car il y avait quelques bonnes idées, notamment dans certains cadrages bien pensés, ou dans l'utilisation de la musique. Mais on ne peut centrer un film complet sur une seule actrice, aussi "légendaire" soit-elle, sans en payer le prix.
Je vais finir en transformant cette critique en texte dont vous êtes le héros :
- si vous vouez un culte à Isabelle Adjani, si votre chambre est tapissée de posters d'elle, si vous ne viviez plus que pour le jour où elle serait de retour : je suis sûr que vous êtes déjà allé voir le film quatre fois. Vous en reprendrez donc bien une petite tranche ?
- si vous exécrez Isabelle Adjani : pas de doute, n'y allez pas ! Votre copain/copine souhaite vous y traîner de force ? Alors, réfléchissez bien à votre décision ;-)
- si Isabelle Adjani vous laisse indifférent(e) : vous faites comme vous voulez. La Repentie n'est pas foncièrement mauvais. Si vous recherchez un film plus contemplatif, moins américain que ce que vous avez l'habitude de voir, La Repentie peut être un bon choix. Messieurs mes lecteurs, vous vous apprêtez à inviter une amie chère au cinéma ? Proposez-lui La Repentie plutôt que Resident Evil ! Ce sera mieux pour votre côte de popularité ;-)
16.04.02
Kaïro, de Kurosawa Kiyoshi [Cinéma]
Kaïro est un film de Kiyoshi Kurosawa sorti dans les salles obscures françaises en mai 2001. Sa diffusion fut assez restreinte, si bien que sa sortie en DVD devrait lui permettre de toucher un public plus large.
L'histoire de Kaïro prend place à notre époque, au Japon. Un mal mystérieux semble ronger la jeunesse : de nombreuses personnes se suicident après avoir consulté un mystérieux site Web ou après avoir mis les pieds dans des pièces condamnées par du scotch rouge. Qu'est-ce que ces personnes ont pu voir de si terrible ? Le film focalise sur plusieurs groupes de jeunes qui cherchent à percer le mystère. Certains vont braver les interdits et se rendre dans les fameuses pièces "maudites", d'autres cherchent des explications rationnelles. Pendant ce temps, les disparitions se multiplient.
Si Kaïro a des allures de film fantastique, ce n'en est pourtant pas l'essence même. Kurosawa dépeint le mal-être d'une jeunesse, d'un pays. On se demande plusieurs fois qui sont les plus vivants : les fantômes, ou les êtres humains ? La contamination des vivants par le mal-être ne date pas d'hier. Les hommes sont tels des spectres. Ils n'osent guère adresser la parole à autrui, ils cherchent à se protéger de toute agression extérieure en se fermant au monde. Ils ne vivent pas, ils vivotent.
Kaïro est un film d'épouvante qui vous flanque la chair de poule. A l'image de Distance ou d'Audition, le cinéma japonais actuel se caractérise par une mise en scène crue, sans fioritures. Les évènements décrits dans Kaïro n'en sont que plus percutants : le spectateur n'a, à aucun moment, la sensation d'avoir basculé dans un monde fantasmagorique. Au contraire, tout semble si réel. Au contraire de nombreux cinéastes américains, Kurosawa ne cherche par à faire du spectaculaire. Mais il pense minutieusement chaque plan afin d'obtenir le meilleur effet possible. Les acteurs se plongent parfaitement dans leur rôle, la musique soutient avec réussite l'ambiance visuelle. Au final, Kaïro est à la fois un film d'ambiance et une réflexion sur le malaise de nos sociétés modernes. Une curiosité à côté de laquelle il serait dommage de passer !
L'histoire de Kaïro prend place à notre époque, au Japon. Un mal mystérieux semble ronger la jeunesse : de nombreuses personnes se suicident après avoir consulté un mystérieux site Web ou après avoir mis les pieds dans des pièces condamnées par du scotch rouge. Qu'est-ce que ces personnes ont pu voir de si terrible ? Le film focalise sur plusieurs groupes de jeunes qui cherchent à percer le mystère. Certains vont braver les interdits et se rendre dans les fameuses pièces "maudites", d'autres cherchent des explications rationnelles. Pendant ce temps, les disparitions se multiplient.
Si Kaïro a des allures de film fantastique, ce n'en est pourtant pas l'essence même. Kurosawa dépeint le mal-être d'une jeunesse, d'un pays. On se demande plusieurs fois qui sont les plus vivants : les fantômes, ou les êtres humains ? La contamination des vivants par le mal-être ne date pas d'hier. Les hommes sont tels des spectres. Ils n'osent guère adresser la parole à autrui, ils cherchent à se protéger de toute agression extérieure en se fermant au monde. Ils ne vivent pas, ils vivotent.
Kaïro est un film d'épouvante qui vous flanque la chair de poule. A l'image de Distance ou d'Audition, le cinéma japonais actuel se caractérise par une mise en scène crue, sans fioritures. Les évènements décrits dans Kaïro n'en sont que plus percutants : le spectateur n'a, à aucun moment, la sensation d'avoir basculé dans un monde fantasmagorique. Au contraire, tout semble si réel. Au contraire de nombreux cinéastes américains, Kurosawa ne cherche par à faire du spectaculaire. Mais il pense minutieusement chaque plan afin d'obtenir le meilleur effet possible. Les acteurs se plongent parfaitement dans leur rôle, la musique soutient avec réussite l'ambiance visuelle. Au final, Kaïro est à la fois un film d'ambiance et une réflexion sur le malaise de nos sociétés modernes. Une curiosité à côté de laquelle il serait dommage de passer !
28.02.02
Amen [Cinéma]
Il est assez terrible de constater que 40 ans ont beau s'être écoulés entre la mise sur pied de la pièce Le Vicaire et la sortie dans les salles d'Amen, eh bien, un parfum de scandale règne toujours. L'Eglise n'acceptera-t-elle donc jamais de reconnaître pleinement ses erreurs ? Petit résumé des faits : l'Allemand Rolf Hochhuth a écrit, dans les années 60, une pièce de théâtre qui dénonçait la passivité du Pape Pie XII vis-à-vis des camps d'extermination nazis pendant la seconde guerre mondiale. Le film de Costa-Gravas en est tiré. Il raconte comment un officier SS tenta, avec l'aide d'un jésuite ayant une certaine influence au Vatican, de révéler au pape les atrocités dont étaient victimes les Juifs. Costa-Gavras réalise là un film politique qui relance la polémique. Le Vatican a-t-il volontairement fermé les yeux sur les crimes perpétrés par les nazis ? N'avait-il pas le pouvoir d'empêcher certains massacres ? L'Histoire a prouvé que, pendant cette période, l'Eglise avait failli. Et pas qu'un peu.
Toutefois, Amen présente l'immense qualité de ne pas être manichéen : ce ne sont pas le gentil SS et le gentil jésuite contre tout le monde. L'Eglise était enchaînée à un jeu politique évident. L'art de la diplomatie ... D'ailleurs, un passage du film est révélateur sur ce point : un diplomate conseille à Ricardo de n'évoquer, en présence du pape, que "les centaines" de morts, et non "les milliers". En outre, le film montre aussi que la solution finale s'était immiscée de manière insidieuse dans la société allemande. Les SS n'en parlaient qu'à mots couverts (hormis lorsqu'ils projetaient de trouver des moyens encore plus radicaux), l'homme de la rue n'était guère au courant de ce qui se passait vraiment. Et c'est comme cela que se déroulent les pires crimes commis contre l'humanité.
Alors, forcément, Amen renvoie à la situation présente. Comment être sûrs qu'il n'y a pas, quelque part, de tels horreurs commises ? On a bien vu que l'être humain n'était pas guéri de sa folie (il ne le sera sûrement jamais) avec les évènements qui se sont déroulés à nos frontières, en Yougoslavie. Qui peut affirmer que nous ne fermons pas les yeux, à l'heure actuelle, sur des crimes tout aussi graves ?
Pour finir, revenons un peu au film : les rôles sont interprétés avec talent. Ulrich Tulkur est pleinement crédible dans le rôle de ce SS qui refuse de rester sans réagir. Et Mathieu Kassovitz est, une fois de plus, tout simplement brillant. La réalisation est totalement maîtrisée. Un film à méditer !
Toutefois, Amen présente l'immense qualité de ne pas être manichéen : ce ne sont pas le gentil SS et le gentil jésuite contre tout le monde. L'Eglise était enchaînée à un jeu politique évident. L'art de la diplomatie ... D'ailleurs, un passage du film est révélateur sur ce point : un diplomate conseille à Ricardo de n'évoquer, en présence du pape, que "les centaines" de morts, et non "les milliers". En outre, le film montre aussi que la solution finale s'était immiscée de manière insidieuse dans la société allemande. Les SS n'en parlaient qu'à mots couverts (hormis lorsqu'ils projetaient de trouver des moyens encore plus radicaux), l'homme de la rue n'était guère au courant de ce qui se passait vraiment. Et c'est comme cela que se déroulent les pires crimes commis contre l'humanité.
Alors, forcément, Amen renvoie à la situation présente. Comment être sûrs qu'il n'y a pas, quelque part, de tels horreurs commises ? On a bien vu que l'être humain n'était pas guéri de sa folie (il ne le sera sûrement jamais) avec les évènements qui se sont déroulés à nos frontières, en Yougoslavie. Qui peut affirmer que nous ne fermons pas les yeux, à l'heure actuelle, sur des crimes tout aussi graves ?
Pour finir, revenons un peu au film : les rôles sont interprétés avec talent. Ulrich Tulkur est pleinement crédible dans le rôle de ce SS qui refuse de rester sans réagir. Et Mathieu Kassovitz est, une fois de plus, tout simplement brillant. La réalisation est totalement maîtrisée. Un film à méditer !
24.02.02
Rue des Plaisirs [Cinéma]
Avec Rue des Plaisirs, Patrice Leconte nous fait plonger dans les bordels du Paris d'après-guerre. Petit-Louis (Patrick Timsit) est né dans une maison close, et attend patiemment celle qu'il prendra sous son aile. Cette jeune fille, il la rencontre par un beau matin : elle se nomme Marion (Laetitia Casta). S'il est amoureux d'elle, il souhaite avant tout le bonheur de sa protégée. C'est pour cela qu'il part en quête de celui qui pourra faire naître, sur le visage de Marion, un sourire resplendissant. Et Marion rencontre Dimitri. Ils tombent amoureux. Toutefois, l'amour se paie cher parfois, et les problèmes arrivent : Dimitri est fauché car il a tendance à passer tout son argent au poker. Tandis que Petit-Louis se regrette de voir Marion dans les bras de Dimitri, de plus gros problèmes se profilent.
Patrice Leconte nous offre une histoire désuète à laquelle, autant l'avouer, je n'ai pas accroché. Aucune image d'Epinal ne nous est épargnée (les amoureux qui s'embrassent sous la pluie battante par exemple), la narration m'a paru plutôt laborieuse ; bref, le film peine à décoller. Rue des Plaisirs ne dure qu'une heure et demie, il paraît pourtant beaucoup plus long. Les personnages, tout comme l'ambivalence du triangle Marion/Dimitri/Petit-Louis, auraient mérité d'être plus développés. Si Timsit donne vie à son personnage avec réussite, il est plus difficile de se prononcer sur la performance de Laetitia Casta. Est-ce son personnage qui ne lui permet pas de briller, ou est-ce elle qui n'arrive pas à transcender son personnage ? La question est posée. Bref, un petit film, pas foncièrement désagréable, mais pas enthousiasmant pour autant.
Patrice Leconte nous offre une histoire désuète à laquelle, autant l'avouer, je n'ai pas accroché. Aucune image d'Epinal ne nous est épargnée (les amoureux qui s'embrassent sous la pluie battante par exemple), la narration m'a paru plutôt laborieuse ; bref, le film peine à décoller. Rue des Plaisirs ne dure qu'une heure et demie, il paraît pourtant beaucoup plus long. Les personnages, tout comme l'ambivalence du triangle Marion/Dimitri/Petit-Louis, auraient mérité d'être plus développés. Si Timsit donne vie à son personnage avec réussite, il est plus difficile de se prononcer sur la performance de Laetitia Casta. Est-ce son personnage qui ne lui permet pas de briller, ou est-ce elle qui n'arrive pas à transcender son personnage ? La question est posée. Bref, un petit film, pas foncièrement désagréable, mais pas enthousiasmant pour autant.
Huit Femmes [Cinéma]
François Ozon fait très fort. Après avoir remis en selle Charlotte Rampling grâce à Sous le Sable, il met en scène 8 des plus talentueuses actrices françaises. Jugez-en plutôt : L.Sagnier, I.Huppert, F.Ardant, V.Ledoyen, F.Richard, E.Béart, C.Deneuve, et D.Darieux. Quel cast ! L'histoire nous plonge dans les années 50 dans un milieu bourgeois. Le maître de maison a été tué. Laquelle des huit femmes qui gravitaient autour de lui a commis le crime ?
Un meurtre "à la Cluedo", une mise en scène très "théâtrale", des costumes "d'époque", une ambiance que n'aurait pas reniée Hitchcok. Si de multiples références se trouvent dans le film d'Ozon, Huit Femmes possède une identité propre. Le film doit beaucoup de sa force à la performance des huit actrices. Le spectateur est mené de mensonges en révélations avec maestria. Et le dénouement s'avère à la hauteur de nos espérances. Que dire d'autre ? Qu'aucun cinéphile qui se respecte ne peut passer à côté de cette affiche. Que les actrices sont mises en valeur comme rarement. Que l'insertion de chansons pour révéler la vraie personnalité des huit femmes est une vraie bonne idée.
Un meurtre "à la Cluedo", une mise en scène très "théâtrale", des costumes "d'époque", une ambiance que n'aurait pas reniée Hitchcok. Si de multiples références se trouvent dans le film d'Ozon, Huit Femmes possède une identité propre. Le film doit beaucoup de sa force à la performance des huit actrices. Le spectateur est mené de mensonges en révélations avec maestria. Et le dénouement s'avère à la hauteur de nos espérances. Que dire d'autre ? Qu'aucun cinéphile qui se respecte ne peut passer à côté de cette affiche. Que les actrices sont mises en valeur comme rarement. Que l'insertion de chansons pour révéler la vraie personnalité des huit femmes est une vraie bonne idée.
10.02.02
Ocean's Eleven [Cinéma]
Sodenberg, après avoir marqué l'année 2001 avec Trafic, est de retour. Mais dans un genre différent cette fois-ci : Ocean's Eleven est un film de pur divertissement, un "pop corn movie" pour reprendre l'expression des américains. Le film bénéficie d'un casting d'enfer. Jugez plutôt : George Clooney, Matt Damon, Andy Garcia, Julia Roberts, Brad Pitt. L'histoire est sans fioriture : un escroc de génie, Danny Ocean, décide de réaliser le casse du siècle en s'attaquant aux coffres-forts des trois plus gros casinos de Las Vegas. Il choisit 10 hommes pour lui prêter main forte. Vont-ils faire sauter la banque ?
On pouvait craindre que les acteurs cherchent à se mettre en avant. Eh bien, ce n'est pas du tout le cas ! George Clooney a vraiment réussi à se faire une place dans le monde du cinéma ; rares sont les acteurs de série TV qui savent tirer leur épingle du jeu. Brad Pitt est ici bien plus à son avantage que dans le récent Spy Game. Julia Roberts est sublime, comme d'habitude. Andy Garcia est d'une froideur remarquable dans le rôle du patron de casino qui va se faire plumer. Et tous les autres acteurs sont autant de "gueules" qui donnent une identité unique à ce film ! Par ailleurs, le synopsis est un régal d'enthousiasme, distillant de bonnes doses d'humour. Ocean's Eleven est un film qui se déguste.
Si Internet regorge d'informations en tout genre, on oublie parfois un peu vite qu'il y a des gens derrière toutes ces pages. Il n'y a qu'à voir le retour qu'on obtient, généralement, sur les pages qu'on met en ligne. Personnellement, mon site perso actuel doit totaliser 1000 visites (à vrai dire, ce n'est pas ma préoccupation principale, loin de là), et je n'ai reçu absolument aucun mail à son propos. Quand je dis cela, je ne suis pas amer, je ne fais que constater. Mon précédent site totalise 17000 visites, et j'ai reçu environ 50 mails au total. C'est peu. Et, pour en avoir parlé avec d'autres Webmaster, il s'avère que le phénomène est assez général. C'est dommage. Quand on écrit, c'est aussi pour établir un contact avec les gens.
On pouvait craindre que les acteurs cherchent à se mettre en avant. Eh bien, ce n'est pas du tout le cas ! George Clooney a vraiment réussi à se faire une place dans le monde du cinéma ; rares sont les acteurs de série TV qui savent tirer leur épingle du jeu. Brad Pitt est ici bien plus à son avantage que dans le récent Spy Game. Julia Roberts est sublime, comme d'habitude. Andy Garcia est d'une froideur remarquable dans le rôle du patron de casino qui va se faire plumer. Et tous les autres acteurs sont autant de "gueules" qui donnent une identité unique à ce film ! Par ailleurs, le synopsis est un régal d'enthousiasme, distillant de bonnes doses d'humour. Ocean's Eleven est un film qui se déguste.
Si Internet regorge d'informations en tout genre, on oublie parfois un peu vite qu'il y a des gens derrière toutes ces pages. Il n'y a qu'à voir le retour qu'on obtient, généralement, sur les pages qu'on met en ligne. Personnellement, mon site perso actuel doit totaliser 1000 visites (à vrai dire, ce n'est pas ma préoccupation principale, loin de là), et je n'ai reçu absolument aucun mail à son propos. Quand je dis cela, je ne suis pas amer, je ne fais que constater. Mon précédent site totalise 17000 visites, et j'ai reçu environ 50 mails au total. C'est peu. Et, pour en avoir parlé avec d'autres Webmaster, il s'avère que le phénomène est assez général. C'est dommage. Quand on écrit, c'est aussi pour établir un contact avec les gens.
28.01.02
Comme un avion [Cinéma]
Comme un Avion, le film de Marie-France Pisier, est en train de faire un flop monumental. La faute aux critiques qui ont descendu le film comme rarement, à une promotion trop timorée (peu de gens savent vraiment de quoi le film traite ... D'ailleurs, les résumés que j'ai entrevus dans la presse universitaire ne mentionnent absolument pas le sujet du film), et au fait que peu de gens ont réellement envie de se plonger dans un sujet aussi peu léger. Quel est-il donc, le sujet ? Eh bien, le suicide de ses parents.
Lola (incarnée par Bérénice Bejo) et son frère vivent dans le même appartement depuis maintenant deux mois que leur mère est partie, sans prévenir, en Italie. Quand leur mère revient, ils apprennent qu'elle n'est pas allée faire du tourisme, mais qu'elle est allée subir une opération radicale pour guérir du cancer du sein dont elle souffrait. Peu à peu, le film se déroulant, on découvre les blessures passées qui ont marqué ces personnages.
Le film décrit une séquence de vie des personnages. Séquence qui nous mène peu à peu vers l'issue tragique de cette histoire, plus ou moins vraie. En effet, Marie-France Pisier s'est fortement inspirée de son histoire personnelle pour donner corps à ce film, puisque ses deux parents se sont suicidés. On peut certainement voir une catharsis derrière le fait qu'elle joue, ici, la mère. On sent aussi un fort poids autobiographique. Certains trouvent que les personnages du films sont trop déjantés ; personnellement, j'estime qu'ils sont "vrais". Ils ne correspondent pas à des stéréotypes, ils ne sont guère prévisibles. Comme dans la vraie vie.
Comme un Avion est donc un film spécial ; personnellement, j'ai bien aimé. Toutefois, je comprends certaines des critiques qui lui ont été adressées. Ce film n'est pas divertissant, au sens commun du terme. Si vous souhaitez vous vider la tête, allez plutôt voir autre chose. Comme un Avion est une invitation à la réflexion, au débat sur des thèmes difficiles.
Lola (incarnée par Bérénice Bejo) et son frère vivent dans le même appartement depuis maintenant deux mois que leur mère est partie, sans prévenir, en Italie. Quand leur mère revient, ils apprennent qu'elle n'est pas allée faire du tourisme, mais qu'elle est allée subir une opération radicale pour guérir du cancer du sein dont elle souffrait. Peu à peu, le film se déroulant, on découvre les blessures passées qui ont marqué ces personnages.
Le film décrit une séquence de vie des personnages. Séquence qui nous mène peu à peu vers l'issue tragique de cette histoire, plus ou moins vraie. En effet, Marie-France Pisier s'est fortement inspirée de son histoire personnelle pour donner corps à ce film, puisque ses deux parents se sont suicidés. On peut certainement voir une catharsis derrière le fait qu'elle joue, ici, la mère. On sent aussi un fort poids autobiographique. Certains trouvent que les personnages du films sont trop déjantés ; personnellement, j'estime qu'ils sont "vrais". Ils ne correspondent pas à des stéréotypes, ils ne sont guère prévisibles. Comme dans la vraie vie.
Comme un Avion est donc un film spécial ; personnellement, j'ai bien aimé. Toutefois, je comprends certaines des critiques qui lui ont été adressées. Ce film n'est pas divertissant, au sens commun du terme. Si vous souhaitez vous vider la tête, allez plutôt voir autre chose. Comme un Avion est une invitation à la réflexion, au débat sur des thèmes difficiles.
20.01.02
Mutant Aliens [Cinéma]
"Le cinéma d'animation pour adultes" ; voilà une expression que bon nombre de personnes ont du mal à comprendre. Et pourtant.
En France (tout comme aux Etats-Unis), on a une longue expérience du dessin animé comme un média destiné aux enfants. En un mot comme en cent, dans notre beau pays, on associe "dessins animés" et Disney. Alors, forcément, quand d'autres types de DA arrivent, ça déclenche les passions.
Les japonais ont compris, il y a très longtemps, qu'il y avait un place pour le film d'animation à destination des adolescents et des adultes. En France, hormis de très exceptionnelles incursions dans le domaine (je pense au fameux Métal Hurlant), c'est le désert. Alors, forcément, quand des DA pour adultes sont passés à des heures où tous les gosses regardent la TV, ça a déclenché un tollé (cf. Dragon Ball Z, Saint Seiya [Les Chevaliers du Zodiaque], etc ...).
Pourtant, après des années d'incompréhension, il semblerait que le grand public soit désormais prêt à aller voir des films d'animation pour adulte. 2001 restera comme l'année qui a confirmé cette tendance : les succès de Shrek et Final Fantasy démontrent qu'il y a une place pour l'animation pour adultes.
C'est dans ce contexte qu'est sorti, le 09 janvier, le dernier film de Bill Plympton. Inconnu du grand public, Plympton ne l'est pas du milieu des animateurs : dessinateur américain reconnu, il est un réalisateur talentueux qui s'est véritablement révélé grâce à "I've married a strange person". Le voilà de retour avec Mutant Aliens, film primé au Festival International du Film d'Animation d'Annecy.
Mutant Aliens [Les Mutants de l'Espace pour le titre français] raconte l'histoire d'un astronaute "sacrifié", au nom de l'argent, qui se retrouve à errer dans une capsule spatiale sans espoir de retour sur notre belle planète. Mais, voilà, il n'est pas seul dans l'espace, et sa route va croiser de drôles de créatures. Il finira par revenir sur Terre pour se venger, aidé de ses "mutants de l'espace".
Le générique de début donne très clairement (et très finement) la couleur : ceci n'est absolument pas un film destiné aux enfants. Ceux qui se sont trompés et croyaient être rentrés dans la salle où est projeté le dernier Disney vont vite s'en rendre compte. Le film s'avère être un parfait divertissement ; ce qui frappe, c'est le rythme parfaitement maîtrisé de l'action. On ne risque pas de s'ennuyer, bien au contraire. Et on rie franchement (la scène où la présentatrice TV se fait croquer par un alien en est un parfait exemple ; rarement une telle scène aura été aussi jubilatoire). Mutant Aliens est marqué de la patte de Plympton aussi bien au niveau graphique qu'au niveau de l'animation (bien que son film ne tourne qu'en 6 images par seconde, la qualité de l'animation ne choque pas le moins du monde). Et le public adulte qui était dans la salle quand j'ai vu ce film semble ne pas s'être mépris sur les intentions de Plympton. Si le film passe près de chez vous (seule une vingtaine de copie circule, malheureusement, en France), n'hésitez pas !
En France (tout comme aux Etats-Unis), on a une longue expérience du dessin animé comme un média destiné aux enfants. En un mot comme en cent, dans notre beau pays, on associe "dessins animés" et Disney. Alors, forcément, quand d'autres types de DA arrivent, ça déclenche les passions.
Les japonais ont compris, il y a très longtemps, qu'il y avait un place pour le film d'animation à destination des adolescents et des adultes. En France, hormis de très exceptionnelles incursions dans le domaine (je pense au fameux Métal Hurlant), c'est le désert. Alors, forcément, quand des DA pour adultes sont passés à des heures où tous les gosses regardent la TV, ça a déclenché un tollé (cf. Dragon Ball Z, Saint Seiya [Les Chevaliers du Zodiaque], etc ...).
Pourtant, après des années d'incompréhension, il semblerait que le grand public soit désormais prêt à aller voir des films d'animation pour adulte. 2001 restera comme l'année qui a confirmé cette tendance : les succès de Shrek et Final Fantasy démontrent qu'il y a une place pour l'animation pour adultes.
C'est dans ce contexte qu'est sorti, le 09 janvier, le dernier film de Bill Plympton. Inconnu du grand public, Plympton ne l'est pas du milieu des animateurs : dessinateur américain reconnu, il est un réalisateur talentueux qui s'est véritablement révélé grâce à "I've married a strange person". Le voilà de retour avec Mutant Aliens, film primé au Festival International du Film d'Animation d'Annecy.
Mutant Aliens [Les Mutants de l'Espace pour le titre français] raconte l'histoire d'un astronaute "sacrifié", au nom de l'argent, qui se retrouve à errer dans une capsule spatiale sans espoir de retour sur notre belle planète. Mais, voilà, il n'est pas seul dans l'espace, et sa route va croiser de drôles de créatures. Il finira par revenir sur Terre pour se venger, aidé de ses "mutants de l'espace".
Le générique de début donne très clairement (et très finement) la couleur : ceci n'est absolument pas un film destiné aux enfants. Ceux qui se sont trompés et croyaient être rentrés dans la salle où est projeté le dernier Disney vont vite s'en rendre compte. Le film s'avère être un parfait divertissement ; ce qui frappe, c'est le rythme parfaitement maîtrisé de l'action. On ne risque pas de s'ennuyer, bien au contraire. Et on rie franchement (la scène où la présentatrice TV se fait croquer par un alien en est un parfait exemple ; rarement une telle scène aura été aussi jubilatoire). Mutant Aliens est marqué de la patte de Plympton aussi bien au niveau graphique qu'au niveau de l'animation (bien que son film ne tourne qu'en 6 images par seconde, la qualité de l'animation ne choque pas le moins du monde). Et le public adulte qui était dans la salle quand j'ai vu ce film semble ne pas s'être mépris sur les intentions de Plympton. Si le film passe près de chez vous (seule une vingtaine de copie circule, malheureusement, en France), n'hésitez pas !
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Les vignettes ci-dessus correspondent à mes coups de coeur du moment. Elles représentent :
- Nantes : la ville dans laquelle j'étudie depuis plus de deux ans. Un climat et un cadre des plus agréables.
- K's Choice : c'est au cours de mon séjour en Belgique que j'ai découvert ce groupe de pop-rock belge. K's Choice a percé sur la scène internationale en 1996, avec le tube "I'm not an addict". Pourtant, le talent de Sarah et Gert Bettens ne saurait se résumer à ce seul titre. Une compilation, intitulée "10" et résumant les dix années d'existence du groupe est disponible en CD et en DVD.
- Keren Ann : elle s'était fait un nom en travaillant avec Benjamin Biolay sur l'album "Vue sur ..." de Salvador. Après une très belle "Disparition", elle nous revient avec un album anglais tout en délicatesse, Not Going Anywhere. Un pur bonheur.
- Cali : révélation musicale de cette rentrée, Cali a composé un album traitant d'un seul et unique thème : l'amour. Il en parle avec réalisme et humour. A découvrir.
- Wolf's Rain : série d'animation réalisée par le prolifique et talentueux Studio Bones, Wolf's Rain se situe dans un futur dont les loups auraient disparu. Pourtant, eux seuls connaîtraient le chemin vers l'Eden. Et si des loups solitaires rôdaient encore en ce monde ?
- Lene Marlin : révélation musicale de la rentrée 1999, la jeune norvégienne nous propose enfin son second album (Another Day). Les textes sont plus mâtures, la voix toujours aussi douce, bien soutenus par une musique efficace.
- 24 : dans le seconde saison de 24 (renommée 24h Chrono sur Canal +), Jack Bauer et David Palmer, devenu le premier Noir président des Etats-Unis, doivent empêcher qu'une bombe nucléaire n'explose à Los Angeles. Un compte-à-rebours tendu, avec toujours plus de rebondissement, de retournements de situations, de pression.
- Buffy The Vampire Slayer : la septième et dernière saison de Buffy sera diffusée bientôt en France. 22 derniers épisodes qui concluent en beauté la série, avec un ennemi plus redoutable que jamais. Cette saison, tout sera une question de pouvoir.
- Witch Hunter Robin : série TV de 26 épisodes produite en 2002 par Sunrise. Une ambiance prenante, un scénario intelligent.
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