15.03.04
Victoire du PSOE aux élections législatives espagnoles [Actualité]
Laurent fait part de son indignation de voir certains déclarer que le résultat des élections législatives en Espagne est une victoire pour Al-Qaeda :
Je partage ce point de vue. Même si une partie des électeurs espagnols semble s'être plus basée sur ce qu'elle a vu/vécu les trois jours précédant les élections que sur le bilan général d'Aznar, elle a fait son choix en sa basant sur le comportement du Partie Populaire vis-à-vis de la crise : à savoir une volonté patente de vouloir influencer l'information, tel le ministre de l'Intérieur qui déclarait, jeudi à 13h (voir aussi The International Herald Tribune) :
Or, on ne joue pas impunément avec l'opinion. Et à trop vouloir la manipuler, on finit par perdre toute crédibilité. A cela, il faut ajouter la situation politique en Espagne et les efforts menés par le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol : durant la campagne électorale, le PSOE a lutté contre la dispersion, à gauche, des voix sur de petits partis (éparpillement qui, par exemple, a été considéré comme une des raisons ayant conduit, en France, à l'échec de Lionel Jospin aux Présidentielles de 2002). La victoire du PSOE n'est pas aussi irrationnelle que certains voudraient le croire.
Par ailleurs, la manière dont a été présentée, dans certains medias, l'annonce de José Luis Zapatero, appelé à devenir le prochain président de gouvernement espagnol, selon laquelle "les troupes espagnoles déployées en Irak vont se retirer et rentrer au pays", est plus ou moins douteuse. En effet, certaines sources oublient de mentionner les termes exacts de cette mesure : le mandat des 1300 soldats espagnols actuellement stationnés en Irak prendra fin le 30 juin 2004 (date prévue de transfert de souveraineté aux Irakiens), et c'est à propos de cette échéance que M. Zapatero s'est prononcé (voir aussi Courrier International) :
De plus, cette mesure fait depuis longtemps partie du programme qu'a défendu M. Zapatero au cours de la campagne électorale. Or, sans ces précisions, on pourrait penser que les Islamistes ont atteint leur but et réussit, à travers leurs actes ignobles, à faire plier une démocratie. Et ce n'est heureusement pas le cas.
Il convient d'être, plus que jamais, vigilent envers toute tentative de manipulation de l'information et de croiser, autant que faire se peut, ses sources.
"Insultant pour le peuple espagnol et pour la démocratie, la racaille libéralo-libertarienne s’en donne en coeur joie : "si le PSOE a gagné, c’est donc Al Qaeda qui a gagné"."
Je partage ce point de vue. Même si une partie des électeurs espagnols semble s'être plus basée sur ce qu'elle a vu/vécu les trois jours précédant les élections que sur le bilan général d'Aznar, elle a fait son choix en sa basant sur le comportement du Partie Populaire vis-à-vis de la crise : à savoir une volonté patente de vouloir influencer l'information, tel le ministre de l'Intérieur qui déclarait, jeudi à 13h (voir aussi The International Herald Tribune) :
"Malheureusement, ETA a atteint son objectif. Le gouvernement n'a aucun doute qu'ETA est derrière cet attentat. Une quelconque intoxication qui détournerait l'attention de ces responsables est misérable."
Or, on ne joue pas impunément avec l'opinion. Et à trop vouloir la manipuler, on finit par perdre toute crédibilité. A cela, il faut ajouter la situation politique en Espagne et les efforts menés par le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol : durant la campagne électorale, le PSOE a lutté contre la dispersion, à gauche, des voix sur de petits partis (éparpillement qui, par exemple, a été considéré comme une des raisons ayant conduit, en France, à l'échec de Lionel Jospin aux Présidentielles de 2002). La victoire du PSOE n'est pas aussi irrationnelle que certains voudraient le croire.
Par ailleurs, la manière dont a été présentée, dans certains medias, l'annonce de José Luis Zapatero, appelé à devenir le prochain président de gouvernement espagnol, selon laquelle "les troupes espagnoles déployées en Irak vont se retirer et rentrer au pays", est plus ou moins douteuse. En effet, certaines sources oublient de mentionner les termes exacts de cette mesure : le mandat des 1300 soldats espagnols actuellement stationnés en Irak prendra fin le 30 juin 2004 (date prévue de transfert de souveraineté aux Irakiens), et c'est à propos de cette échéance que M. Zapatero s'est prononcé (voir aussi Courrier International) :
A la question posée lundi par un journaliste de Cadena SER : « S'il n'y a pas de nouveautés avant le 30 juin (où le mandat des 1.300 soldats espagnols actuellement stationnés en Irak prendra fin, ndlr), les soldats rentreront-ils d'Irak ? », Zapatero a répondu: « Evidemment. » Et ajouté : « Mais à l'heure actuelle, on ne prévoit pas qu'il y ait des événements nouveaux. »
De plus, cette mesure fait depuis longtemps partie du programme qu'a défendu M. Zapatero au cours de la campagne électorale. Or, sans ces précisions, on pourrait penser que les Islamistes ont atteint leur but et réussit, à travers leurs actes ignobles, à faire plier une démocratie. Et ce n'est heureusement pas le cas.
Il convient d'être, plus que jamais, vigilent envers toute tentative de manipulation de l'information et de croiser, autant que faire se peut, ses sources.
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